Kamel Daoud condamné en Algérie : « Le crime, c’est de raconter »
Kamel Daoud : « Le crime, c’est de raconter »

Kamel Daoud condamné à trois ans de prison en Algérie

L'écrivain franco-algérien Kamel Daoud, prix Goncourt 2024 pour son roman Houris, a été condamné par contumace à trois ans de prison ferme et 5 millions de dinars d'amende (environ 32 000 euros) par la justice algérienne. La sentence a été prononcée en vertu de la loi sur la réconciliation nationale, qui interdit de relater la décennie noire en dehors du récit officiel.

Un harcèlement judiciaire dénoncé

Dans un entretien accordé au Nouvel Obs, Kamel Daoud revient sur ce qu'il qualifie de « harcèlement » permanent. Il explique que les poursuites ont commencé dès l'annonce de son prix Goncourt, en 2024, et n'ont cessé depuis. « Pour l'État, le crime, ce n'est pas de tuer, c'est de raconter ! », déclare-t-il avec amertume.

L'écrivain, qui a dû fuir son pays natal pour s'installer en France, affirme que cette condamnation vise à réduire au silence les voix dissidentes. Il souligne que son roman Houris aborde la guerre civile algérienne des années 1990, un sujet tabou dans le pays.

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Un appel à la liberté de création

Kamel Daoud insiste sur sa volonté de préserver sa liberté de création malgré les pressions. Il estime que la justice algérienne cherche à intimider les artistes et les intellectuels. « Je continuerai à écrire, quoi qu'il arrive », affirme-t-il.

Cette affaire a suscité de vives réactions dans le monde littéraire et politique. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une atteinte à la liberté d'expression. L'écrivain compte faire appel de cette décision.

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