Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé jeudi 14 mai sur X avoir demandé à ses conseillers juridiques d'engager une action en justice contre le New York Times et son éditorialiste Nicholas Kristof. Il les accuse d'avoir « diffamé les soldats israéliens » et perpétué une « accusation de sang » en évoquant des viols commis par des soldats israéliens sur des Palestiniens. « Sous mon leadership, Israël ne gardera pas le silence. Nous combattrons ces mensonges devant le tribunal de l'opinion publique et devant les tribunaux. La vérité triomphera », a-t-il déclaré.
Un article qui provoque la colère
Le ministère des Affaires étrangères israélien a qualifié la publication de Nicholas Kristof, parue lundi 11 mai dans la rubrique Opinion du New York Times, d'« un des mensonges les plus odieux jamais publiés contre l'État d'Israël dans la presse moderne ». Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël, a également dénoncé une « accusation de sang ». Dans son article intitulé « Le Silence face au viol des Palestiniens », Kristof affirme que « les atrocités infligées aux femmes israéliennes le 7 octobre sont désormais subies par les Palestiniens, jour après jour ». Il rapporte des témoignages de Palestiniens décrivant un schéma de violence sexuelle généralisée, commise par des soldats, des colons, des interrogateurs du Shin Bet et des gardiens de prison. Il mentionne notamment des accusations de viols commis sur des détenus palestiniens par des chiens dressés à cette fin.
Réactions officielles et soutien au journaliste
Le gouvernement israélien dénonce une « abyssale inversion de la réalité » et une campagne anti-israélienne orchestrée. Le New York Times a exprimé son soutien total à Kristof, affirmant que ses entretiens avec 14 hommes et femmes ont été corroborés par d'autres témoins, des membres de leur famille et des avocats. Le journal a qualifié la menace de poursuites de « scénario politique bien rodé visant à saper le journalisme indépendant ». L'ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, cité dans l'article, a déclaré qu'il n'avait pas validé les allégations, contrairement à ce que suggère la publication.
Polémique et contexte
En Israël, l'incident est relayé sous une banderole titrant « Vague d'antisémitisme » sur le site Ynet. Le rapport d'Euro-Med Human Rights Monitor, cité par Kristof, est accusé par le ministère de la Diaspora de viser à nuire à Israël. Le lendemain de l'article, un rapport de la Commission civile sur les violences sexuelles du 7 octobre a été publié, documentant des viols, des tortures sexuelles et des profanations de cadavres, qualifiés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Le gouvernement israélien affirme que le New York Times avait refusé de publier ce rapport, ce que le journal dément.



