Une vidéo devenue virale sur le réseau social X, vue environ 3,7 millions de fois, accuse Oleksandra Zelenska, la fille du président ukrainien, d'avoir agressé un serveur dans un restaurant londonien. Cette accusation est fausse. L'enquête du site de fact-checking Stopfake.org révèle que la vidéo est un deepfake généré par intelligence artificielle et que la fondation qui la diffuse est un organe de propagande russe.
Une accusation virale sans fondement
Le contenu, partagé massivement, dénonce la prétendue décadence des élites ukrainiennes. La voix off affirme qu'Oleksandra Zelenska, qui vivrait à Londres depuis plusieurs années, aurait agressé un serveur au Ledbury, un restaurant londonien prestigieux, avec l'aide de deux membres de son service de sécurité. La victime aurait « confirmé » que la cliente avait formulé une demande impossible, puis aurait été menacée et sommée de garder le silence. La vidéo conclut que l'homme, souffrant de graves blessures craniofaciales, serait désormais définitivement invalide, et appelle la communauté internationale à se pencher sur cette affaire.
Les commentaires sous la publication sont virulents, certains internautes évoquant une « famille de voleurs, de menteurs, de criminels », d'autres demandant pourquoi elle n'est pas envoyée au front, ou la qualifiant de « clocharde sous cocaïne ».
L'enquête de Stopfake démonte la rumeur
Stopfake.org a mené l'enquête. Les journalistes ont d'abord identifié la « Fondation pour la lutte contre l'injustice » comme un organe de propagande russe, fondé par feu Evgueni Prigojine, créateur du groupe Wagner. Ils ont ensuite contacté le restaurant Ledbury, qui a démenti qu'un tel incident s'y soit produit. Enfin, la photographie du serveur blessé a été soumise à quatre détecteurs d'IA, dont le verdict est unanime : il s'agit d'un deepfake.
Une vie discrète à Kiev, pas à Londres
L'article de Stopfake précise également qu'Oleksandra Zelenska, âgée de 22 ans, ne vit pas à Londres mais mène une existence discrète à Kiev. Ce récit inventé de toutes pièces s'ajoute à une longue liste d'infox relatives au président ukrainien et à sa famille. Cette affaire illustre les méthodes de désinformation employées pour discréditer les dirigeants ukrainiens, en utilisant des outils technologiques avancés pour créer de faux témoignages et de fausses preuves.



