Le meurtre de la petite Lyhanna, survenu en juillet 2026, a provoqué une onde de choc dans l'opinion publique. Ce drame rappelle avec une cruelle acuité l'urgence de sortir de l'aveuglement collectif face aux violences sexistes et sexuelles, en particulier l'inceste, ce crime atrocement banal qui reste le plus tabou.
Un livre pour comprendre la culture de l'inceste
L'ouvrage collectif « La Culture de l'inceste », paru aux éditions du Seuil en 2022, mêle analyses et témoignages pour éclairer une réalité que beaucoup préfèrent ignorer. Selon la journaliste Véronique Radier, ce livre a longtemps attendu sur sa pile de lecture, car « ce n'était jamais le bon moment pour en parler ». Mais l'émotion suscitée par la mort de Lyhanna change la donne.
Une loi intégrale en préparation
La mobilisation citoyenne et politique autour de cette affaire devrait permettre l'examen à l'Assemblée nationale, dès l'automne 2026, d'une loi « intégrale » sur les violences sexistes et sexuelles. Ce texte, longtemps resté dans les placards, vise à renforcer la protection des victimes et à mieux punir les agresseurs. Comme le souligne Radier, « les crimes contre les femmes et les enfants sont omniprésents, ils ne font jamais relâche, mais nous faisons le plus souvent comme s'ils n'existaient pas ».
Un tabou persistant
L'inceste, en particulier, est entouré d'un silence assourdissant. La « culture de l'inceste » désigne l'ensemble des mécanismes sociaux, familiaux et institutionnels qui permettent à ce crime de perdurer dans l'ombre. L'ouvrage dirigé par la journaliste et écrivaine permet de décrypter ces mécanismes et de donner la parole aux victimes.
Un appel à l'action
Face à l'atroce banalité de l'inceste, Radier estime qu'il est toujours le bon moment d'agir. Le meurtre de Lyhanna est un signal d'alarme qui ne doit pas rester sans réponse. La future loi intégrale devra être ambitieuse et s'attaquer à toutes les formes de violences, du harcèlement de rue au viol, en passant par l'inceste et les mutilations sexuelles.
Selon les statistiques, en France, une personne sur dix est victime d'inceste, soit environ 6,7 millions de personnes. Pourtant, seules 10 % des victimes portent plainte, et moins de 1 % des agresseurs sont condamnés. Ces chiffres, cités par les associations, montrent l'ampleur du défi.



