Haïti : plus de 5 500 morts en 10 mois, l'ONU dénonce la violence des gangs et des opérations policières
Haïti : 5 500 morts en 10 mois, l'ONU alerte sur la violence

Un bilan humain catastrophique en Haïti

Les violences perpétrées par les gangs criminels et les attaques visant ces derniers en Haïti ont provoqué plus de 5 500 morts entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026, selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme publié mardi. Ce document alarmant souligne que « Haïti continue de faire face à des niveaux alarmants de violence des gangs, qui compromettent l'exercice des droits humains ».

La majorité des décès liés aux opérations de sécurité

Selon des données vérifiées par le Haut-Commissariat, au moins 5 519 personnes ont été tuées et 2 608 blessées durant cette période de dix mois. Cependant, une proportion significative de ces décès résulte directement des opérations menées contre les gangs par les forces de sécurité.

Ces opérations ont causé au moins 3 497 morts et 1 742 blessés, tandis que les violences perpétrées par les gangs eux-mêmes ont fait au moins 1 424 morts et 790 blessés. Par ailleurs, les attaques menées par des groupes d'autodéfense contre les gangs ont entraîné au moins 598 morts et 76 blessés.

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L'expansion territoriale des gangs criminels

Haïti, le pays le plus pauvre d'Amérique, est rongé depuis des années par la violence des bandes criminelles qui commettent régulièrement meurtres, viols, pillages et enlèvements. Le rapport indique que les gangs, qui contrôlent déjà la quasi-totalité du territoire de la capitale Port-au-Prince, « ont étendu leur influence au-delà de la capitale » ces douze derniers mois, principalement dans sa périphérie et vers le nord.

Des violations des droits humains documentées

Le rapport documente également des cas d'usage « excessif ou disproportionné » de la force par la police, et a recensé 196 cas d'exécutions sommaires de personnes soupçonnées d'appartenir à des gangs ou de les soutenir. Depuis mars 2025, une société militaire privée, « apparemment engagée par le gouvernement haïtien », participe aussi à des opérations notamment par le biais de frappes de drones et de tirs d'hélicoptères, certaines actions « pourraient être qualifiées d'assassinats ciblés ».

La justice populaire et les groupes d'autodéfense

Le rapport détaille également les violences perpétrées par des groupes d'autodéfense et des foules pratiquant la « justice populaire » en lynchant des personnes soupçonnées d'appartenir à des gangs. Certains de ces meurtres « auraient été encouragés, soutenus ou facilités par des éléments de la police », pointe le document.

L'appel urgent du Haut-Commissaire de l'ONU

« Il est essentiel que les autorités assurent la sécurité tout en respectant pleinement les droits humains », a exhorté dans un communiqué le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Volker Türk. « Il est impératif de maintenir la priorité des efforts visant à renforcer l'état de droit, notamment dans les secteurs de la justice et de la détention, afin de lutter contre la corruption et l'impunité, car ces fléaux sapent la confiance de la population », a-t-il insisté.

Cette situation dramatique met en lumière les défis immenses auxquels fait face Haïti, où la spirale de la violence continue de s'aggraver malgré les interventions des forces de sécurité et la présence de groupes d'autodéfense. Le rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme souligne l'urgence d'une approche équilibrée qui combine sécurité et respect des droits fondamentaux pour sortir le pays de cette crise humanitaire et sécuritaire sans précédent.

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