Grève de la faim à Caracas pour la libération des prisonniers politiques
Grève de la faim à Caracas pour les prisonniers politiques

Grève de la faim à Caracas pour exiger la libération des prisonniers politiques

Les familles des détenus politiques ne lâchent rien. Ce samedi, une dizaine de proches ont entamé une grève de la faim à Caracas, sous les yeux des journalistes de l’AFP. Cette action radicale intervient après que l’Assemblée nationale du Venezuela a une nouvelle fois reporté, jeudi, l’adoption de la loi d’amnistie historique. Cette loi, promise le 30 janvier sous pression américaine par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, devait conduire à la libération de tous les prisonniers politiques. Les autorités avaient également promis des libérations massives le 8 janvier, mais celles-ci se sont finalement opérées au compte-goutte, laissant des dizaines de familles camper devant les établissements pénitentiaires.

Une protestation déterminée : « Jusqu’à ce qu’ils sortent tous »

Portant des masques sanitaires, une dizaine de femmes se sont allongées en ligne à l’entrée de la prison d’où ont été libérés 17 prisonniers politiques au cours de la nuit. Elles dormaient pendant la matinée, moment où elles avaient prévu de commencer leur protestation. « Dormir apaise la faim », a déclaré l’une d’elles, ayant requis l’anonymat. Evelin Quiaro, 46 ans, employée du service de migration et mère d’un prisonnier politique, a expliqué : « La pression a porté ses fruits, nous espérons rester ici pour qu’ils sortent tous ». Elle a mangé pour la dernière fois vers 1 heure du matin : des biscuits avec du jambon. « Nous ne sommes vraiment pas préparées, je n’ai jamais fait ça de ma vie », confie-t-elle à propos de la grève de la faim. Son fils de 30 ans est détenu depuis novembre 2025, accusé de terrorisme, d’association de malfaiteurs et de financement du terrorisme.

Des libérations partielles et des promesses non tenues

Pendant la nuit, 17 prisonniers politiques ont été libérés suite à une annonce du président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez, le frère de Delcy Rodriguez. « Dans le cadre de la loi d’amnistie, 17 personnes privées de liberté dans [les cellules connues comme] Zone 7 sont en train d’être libérées en ce moment », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Il y a une semaine, lors d’une visite à la Zone 7, le président de l’Assemblée nationale avait promis aux familles des prisonniers politiques que leurs proches seraient libérés immédiatement après l’adoption de la loi. Cependant, selon l’ONG Foro Penal, la situation reste critique : 431 prisonniers politiques ont bénéficié d’une libération conditionnelle, mais 644 sont toujours derrière les barreaux, ce qui souligne l’urgence de la situation et la frustration des familles.

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Cette grève de la faim symbolise le désespoir et la détermination des proches, qui réclament une application complète et rapide de la loi d’amnistie. Alors que les libérations se font par petits groupes, les familles maintiennent la pression, espérant que leur action forcera les autorités à tenir leurs engagements et à mettre fin à cette crise humanitaire.

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