Seize ans après les faits, un double meurtre commis à Linköping, en Suède, a été résolu grâce à la généalogie génétique. Cette technique, qui combine l'analyse de l'ADN avec des bases de données généalogiques, a permis d'identifier l'auteur présumé, un homme de 37 ans arrêté fin 2020.
Un crime resté impuni pendant seize ans
Le 19 octobre 2004, Anna-Lena Svensson, 56 ans, et son fils de 8 ans, Mohammad, sont sauvagement assassinés dans leur appartement du centre de Linköping. Les enquêteurs découvrent sur les lieux un ADN inconnu, mais sans correspondance dans les fichiers nationaux. Malgré de nombreux témoignages et suspects, l'affaire reste un mystère pendant plus d'une décennie.
L'essor de la généalogie génétique
En 2019, la police suédoise se tourne vers une méthode innovante : la généalogie génétique. Cette technique, popularisée aux États-Unis pour résoudre des affaires classées, consiste à comparer l'ADN de la scène de crime avec des bases de données généalogiques publiques. En remontant les arbres généalogiques, les enquêteurs identifient des parents éloignés du suspect, puis convergent vers la personne recherchée.
Les analyses sont confiées à un laboratoire américain spécialisé. Les résultats pointent vers un homme résidant à quelques centaines de mètres du lieu du crime. Interpellé en décembre 2020, il est inculpé pour meurtres. Les tests ADN confirment la correspondance.
Une avancée majeure pour la police suédoise
Cette résolution marque un tournant pour la Suède, qui devient l'un des premiers pays européens à utiliser avec succès la généalogie génétique dans une affaire criminelle. La police espère désormais appliquer cette méthode à d'autres dossiers non résolus, tout en encadrant son usage pour respecter la vie privée.
L'affaire de Linköping rappelle que le progrès scientifique peut parfois offrir une seconde chance à la justice, même après des années d'impuissance.



