« Les Échappées de Kaboul » : un documentaire poignant sur la fuite des cyclistes afghanes
Le documentaire « Les Échappées de Kaboul », diffusé ce mardi 17 février 2026 à 20h40 sur LCP, reconstitue avec précision l'opération d'exfiltration des membres de l'équipe féminine nationale de cyclisme d'Afghanistan. Ces athlètes, en grand danger après la prise de pouvoir des talibans en août 2021, ont dû fuir leur pays dans des conditions extrêmement périlleuses.
Un régime d'apartheid de genre et la persécution des sportives
Dès le retour des talibans à Kaboul, un régime d'apartheid de genre s'est instauré, supprimant brutalement les droits fondamentaux des femmes. Les sportives connues, et particulièrement les cyclistes, sont devenues des cibles prioritaires de ce nouveau pouvoir. Selon les témoignages recueillis auprès d'anciennes membres de l'équipe mixte nationale, la pratique du vélo leur valait déjà des insultes et des menaces bien avant 2021, les empêchant souvent de s'entraîner en toute sécurité.
Désormais, la situation est devenue catastrophique : le régime taliban les condamne à un enfermement domestique strict, sous peine d'emprisonnement ou de pires représailles. Certaines athlètes ont même été contraintes de brûler ou de jeter toute trace de leur passé sportif pour se protéger.
Une fuite semée d'obstacles et une mobilisation internationale
Le documentaire relate avec émotion l'évasion de jeunes filles de l'équipe nationale. Comme des milliers d'Afghans désespérés, elles ont tenté de rejoindre l'aéroport de Kaboul, mais la foule immense massée aux portes les en a empêchées. Quatre d'entre elles – Wahida, Nazanin, Marwa et Mohaddisa – racontent comment elles ont dû se terrer dans la clandestinité.
Leur fuite n'a été rendue possible que grâce à une mobilisation secrète et internationale. Une ONG, IsraAid, l'Union cycliste internationale (UCI), des personnalités influentes dont un parlementaire suisse, et des aides sur le terrain ont collaboré, avec d'immenses difficultés, pour organiser l'exfiltration de ces jeunes sportives.
Le problème crucial des passeports et l'issue heureuse
Les humanitaires se sont heurtés à un obstacle majeur : ces jeunes coureuses, n'ayant jamais quitté leur pays, ne possédaient pas de passeport, document indispensable pour franchir la frontière. C'est l'ancien ambassadeur d'Afghanistan en Russie qui a permis de résoudre cette crise en établissant les documents en urgence à Moscou et en les faisant parvenir aux intéressées.
Finalement, c'est à bord d'un avion charter biélorusse décollant d'un aéroport afghan que les quarante et une cyclistes ont pu gagner le Tadjikistan voisin. De là, elles ont rejoint l'Albanie, avant de s'installer durablement en Suisse ou au Canada, où elles construisent aujourd'hui une nouvelle vie.
Le vélo, symbole de liberté et de résistance
Malgré l'exil, ces femmes gardent dans leur cœur leur pays d'origine et le souvenir poignant de leur évasion. Mohaddisa résume magnifiquement cet attachement : « Pour moi, le vélo est un symbole de liberté et de résistance. » Une phrase qui résonne comme un message d'espoir et de courage.
Ce documentaire de 52 minutes, réalisé par Alain Rimbert et Matteo Born en 2025, est disponible en replay sur le site de LCP. Une œuvre essentielle pour comprendre les combats des femmes afghanes sous le joug taliban.



