L'affaire Epstein et la libération des théories antisémites
Dans le sillage de la publication des « Epstein files », une vague inquiétante de commentaires antisémites a émergé sur les réseaux sociaux et dans les espaces de discussion en ligne. Les agissements du financier et pédocriminel Jeffrey Epstein réactivent le fantasme séculaire d'un complot juif, mêlant des motifs comme le crime rituel ou les réseaux pédosataniques.
Entretien avec Jonas Pardo, directeur de Boussole antiraciste
Nous avons interrogé Jonas Pardo, qui dispense des formations contre l'antisémitisme, pour comprendre les ressorts de ce phénomène. « Jeffrey Epstein est un financier juif impliqué dans la mise en place d'un réseau pédocriminel international où trempent de nombreux puissants », explique-t-il. On assiste à une libération des théories antisémites, où l'affaire devient un prétexte pour réactiver des stéréotypes anciens.
Le cri de triomphe des complotistes
Plusieurs personnalités complotistes proclament : « Nous vous l'avions bien dit ! », exploitant l'affaire pour valider leurs narratifs. Jonas Pardo souligne que cette dynamique n'est pas nouvelle : les réseaux sociaux amplifient et banalisent ces discours, permettant leur diffusion rapide et leur normalisation dans l'espace public.
Les mécanismes d'un discours séculaire
L'antisémitisme trouve dans l'affaire Epstein un terreau fertile pour se réinventer. Les théories du complot juif, historiquement ancrées, se greffent sur des faits réels pour créer une confusion dangereuse. La pédocriminalité est instrumentalisée pour servir des agendas haineux, détournant l'attention des véritables enjeux judiciaires et sociaux.
Jonas Pardo insiste sur la nécessité de formations et d'éducation pour contrer ces dérives. « Il faut déconstruire ces récits toxiques », affirme-t-il, rappelant que l'antisémitisme prospère dans l'ignorance et la méfiance. Les « Epstein files », bien que centrées sur des crimes horribles, ne doivent pas devenir un outil de propagande haineuse.