L'Otan lance 'Arctic Sentry' pour apaiser Trump, la Russie promet des contre-mesures militaires
Otan lance Arctic Sentry, Russie menace contre-mesures

L'Otan déploie 'Arctic Sentry' en Arctique pour apaiser Donald Trump

L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord a officiellement annoncé le lancement de sa nouvelle mission dénommée "Arctic Sentry". Cette initiative stratégique vise explicitement à renforcer la sécurité dans la région arctique, une zone de plus en plus convoitée sur le plan géopolitique. La décision intervient dans un contexte particulier, marqué par les velléités passées de l'ancien président américain Donald Trump concernant une possible annexion du Groenland.

Une mission pour rassurer Washington et contrer les ambitions étrangères

Le commandant suprême de l'Otan, le général américain Alexus Grynkewich, a souligné que "Arctic Sentry" (Sentinelle Arctique) illustre l'engagement ferme de l'Alliance à "maintenir la stabilité dans l'une des régions les plus importantes sur le plan stratégique". Il a ajouté que cette mission permettra de "mettre à profit la puissance de l'Otan pour protéger notre territoire et garantir que l'Arctique et le Grand Nord restent sûrs".

Cette nouvelle activité opérationnelle a été décidée suite à une rencontre entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, lors du Forum économique mondial de Davos le mois dernier. Les deux dirigeants se sont accordés sur la nécessité pour l'Otan d'assumer collectivement davantage de responsabilités dans l'Arctique, face aux visées expansionnistes de la Russie et à "l'intérêt croissant" manifesté par la Chine pour cette région.

La réaction immédiate et menaçante de Moscou

La réponse russe n'a pas tardé. Le gouvernement de Moscou a annoncé, le même jour, qu'il prendrait des "contre-mesures", y compris de "nature militaire", si les pays occidentaux renforçaient leur présence militaire au Groenland. Cette déclaration ouverte accentue les tensions déjà palpables dans une zone riche en ressources et aux voies maritimes de plus en plus navigables en raison du changement climatique.

Coordination renforcée et soutien danois

Concrètement, la mission "Arctic Sentry" consistera principalement en une meilleure coordination, au niveau de l'Otan, d'opérations déjà existantes. Elle intégrera des exercices comme l'Arctic Endurance, déjà mis en œuvre par le Danemark, ou le Cold Response prévu par la Norvège. Des opérations navales, terrestres, et potentiellement sur le sol groenlandais pourraient également être organisées, bien que rien n'ait été formellement décidé à ce stade, selon des diplomates de l'Alliance.

Le Danemark, dont le territoire autonome du Groenland est au cœur des enjeux, a immédiatement assuré de son plein soutien. Le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen a déclaré que son pays apporterait "une contribution substantielle" et qu'il était crucial de "maintenir cette dynamique afin de garantir que l'Arctique soit pris en compte à long terme dans les plans et les exercices de l'Otan".

Un contexte géopolitique complexe

L'Arctique est une région qui comprend huit pays riverains ou proches de l'océan Arctique : la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark (avec le Groenland), l'Islande, la Russie, les États-Unis (avec l'Alaska) et le Canada. La nouvelle "activité" de l'Otan, calquée sur le modèle de celles lancées en mer Baltique ou sur le front oriental, était l'une des options envisagées pour renforcer la sécurité dans cette zone.

Il est à noter que les menaces passées de Donald Trump concernant le Groenland avaient provoqué l'une des crises les plus graves de l'histoire de l'Alliance atlantique, fondée en 1949. L'initiative "Arctic Sentry" apparaît ainsi comme une tentative de rabibochage stratégique avec l'ancien président américain, tout en répondant aux défis sécuritaires posés par la Russie et la Chine dans le Grand Nord.