Christiane Taubira : comment la France a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité
Christiane Taubira : la loi reconnaissant l'esclavage comme crime

Le 21 mai 2001, la France est devenue le premier pays au monde à reconnaître l'esclavage et la traite négrière comme crimes contre l'humanité. Cette expression désigne les actes les plus graves, injustifiables et imprescriptibles, jamais commis contre des civils de manière systématique. Le documentaire intitulé « Christiane Taubira : une loi pour mémoire », diffusé ce soir à 23h35 sur France 2, revient sur le long et difficile combat mené par l'ancienne garde des Sceaux pour faire voter cette loi historique.

Un combat contre l'oubli

Christiane Taubira, qui déclarait que « le passé court dans les veines du présent, même si le présent le refuse ou l'ignore », n'avait qu'un seul objectif : « Donner un statut à cette abomination qui a duré des siècles. » Le documentaire, mêlant archives et témoignages, retrace les étapes de cette lutte, depuis les premiers débats à l'Assemblée nationale en février 1999 jusqu'à l'adoption de la loi.

Les débats mémoriels au cœur de l'histoire

Les discussions parlementaires ont ressuscité l'histoire de la France coloniale, impliquée dans la traite négrière et l'esclavage dès le début du XVIIe siècle. Promulgué en 1685 par Louis XIV, le Code noir légiférait les conditions de travail, de vie et de mort des esclaves dans les colonies françaises. En vigueur pendant deux siècles, il stipulait que l'esclave était un « meuble ». L'esclavage a été aboli une première fois en 1794, rétabli par Napoléon en 1802, puis de nouveau aboli en 1848.

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Selon l'ancienne ministre, c'est à l'école que l'on prépare les futurs citoyens, et personne ne devrait avoir à découvrir cette histoire par lui-même. Cependant, en 2005, la droite a tenté de faire valoir « les aspects positifs de la colonisation » avec une nouvelle loi mémorielle. Le président Jacques Chirac a alors rappelé : « Dans la République, il n'y a pas d'histoire officielle. Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire. L'écriture de l'histoire, c'est l'affaire des historiens. » En 2006, Chirac a désigné le 10 mai, anniversaire de la loi Taubira, comme journée nationale des mémoires de l'esclavage.

Vingt ans plus tard, à l'initiative du Ghana, l'Assemblée générale des Nations unies a reconnu que la traite et l'esclavage constituent le plus grave des crimes contre l'humanité. La France s'est abstenue lors de ce vote. L'historienne Myriam Cottias rappelle les mots de Robert Badinter à propos de la loi Taubira : « Ce n'est pas parce qu'une loi est votée à l'unanimité qu'elle est acceptée à l'unanimité. »

Le documentaire, réalisé par Mathilde Damoisel (2026, 52 minutes), est diffusé ce mercredi 6 mai à 23h35 sur France 2 et disponible à la demande sur France.tv.

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