Procès pour traite d'êtres humains aggravée : Evo Morales brille par son absence
Ce lundi 12 mai 2025, l'ancien président bolivien Evo Morales devait comparaître devant le tribunal de La Paz pour répondre d'accusations de traite d'êtres humains aggravée. Cependant, l'ex-dirigeant de 65 ans a brillé par son absence, suscitant l'ire des juges et des parties civiles. Son avocat a invoqué des raisons de santé, mais le tribunal a estimé que ces justifications étaient insuffisantes et a ordonné son arrestation immédiate.
Des accusations graves
L'affaire remonte à 2016, lorsque Morales est accusé d'avoir facilité l'entrée sur le territoire bolivien d'une adolescente de 15 ans, qui serait devenue sa compagne. Les faits, qualifiés de traite d'êtres humains aggravée, pourraient lui valoir une peine de 10 à 15 ans de prison. L'ancien président a toujours nié les accusations, les qualifiant de complot politique orchestré par le gouvernement actuel de Luis Arce, son ancien allié devenu rival.
Un procès sous haute tension
Le procès se déroule dans un climat politique tendu. Morales, figure historique de la gauche bolivienne, a dirigé le pays de 2006 à 2019 avant de fuir après des élections controversées. Depuis son retour en 2020, il reste une personnalité influente mais clivante. Ses partisans dénoncent une instrumentalisation de la justice, tandis que ses opposants y voient une avancée contre l'impunité.
Conséquences judiciaires
L'absence de Morales au procès a contraint le tribunal à suspendre l'audience. Un mandat d'arrêt a été émis, et la police a été chargée de le localiser. Selon son entourage, l'ancien président se trouverait dans sa région natale de l'Oruro, où il bénéficie d'un fort soutien populaire. La défense a annoncé qu'elle ferait appel de la décision d'arrestation, arguant que Morales est prêt à collaborer mais que son état de santé nécessite des soins.
Réactions internationales
Plusieurs organisations de défense des droits humains suivent de près cette affaire. Amnesty International a appelé à un procès équitable, tandis que l'Union européenne s'est dite préoccupée par l'indépendance judiciaire en Bolivie. Le gouvernement bolivien a réaffirmé sa confiance dans le système judiciaire et a assuré que Morales serait traduit en justice.
Cette affaire marque un tournant dans la vie politique bolivienne, où les anciens alliés se déchirent désormais devant les tribunaux. L'issue du procès aura sans doute des répercussions sur la stabilité politique du pays.



