Le Parlement birman, contrôlé par la junte militaire, a adopté le 28 juillet une loi controversée instaurant la peine de mort pour les infractions liées aux escroqueries en ligne. Cette décision, annoncée par les médias d'État, vise à lutter contre la prolifération des arnaques numériques qui touchent le pays depuis plusieurs années.
Une loi draconienne pour endiguer les fraudes
Selon le texte approuvé, toute personne reconnue coupable d'escroquerie en ligne portant sur des sommes supérieures à 100 millions de kyats (environ 50 000 euros) pourra être passible de la peine capitale. La loi couvre également le blanchiment d'argent et l'usurpation d'identité. Les critiques dénoncent une mesure disproportionnée : selon l'ONG Amnesty International, la Birmanie avait déjà prononcé des peines de mort dans des affaires de fraude, mais jamais avec une telle ampleur.
Un contexte de répression accrue
L'adoption de cette loi s'inscrit dans un durcissement général de la répression sous la junte. Depuis le coup d'État de 2021, les autorités ont multiplié les arrestations et les condamnations à mort, notamment contre des opposants politiques. Un porte-parole de l'opposition, joint par l'AFP, a déclaré : « Cette loi est un nouvel outil de terreur contre la population. Elle ne résoudra pas le problème des arnaques, mais servira à éliminer des voix critiques. »
Des conséquences humanitaires alarmantes
Les organisations de défense des droits humains s'alarment de l'application de la peine de mort pour des délits non violents. La Ligue des droits de l'homme de Birmanie a estimé que « cette loi viole les principes fondamentaux du droit international et expose des centaines de personnes à une exécution arbitraire ». En 2023, le pays comptait déjà plus de 130 condamnés à mort, selon des chiffres officieux.
Le gouvernement birman justifie cette mesure par l'urgence de lutter contre les réseaux criminels qui opèrent depuis les zones frontalières, souvent liés à des trafics de drogue ou d'êtres humains. Toutefois, les experts craignent que la loi ne soit utilisée pour museler la société civile et les journalistes, accusés parfois à tort d'escroquerie en ligne.



