L'écrivaine indienne Arundhati Roy annule sa participation à la Berlinale en signe de protestation
L'autrice et militante indienne Arundhati Roy a pris une décision forte vendredi 13 février en annonçant qu'elle ne se rendrait pas au Festival international du film de Berlin, la Berlinale. Cette décision fait suite à l'absence de condamnations de la part des membres du jury concernant les actions d'Israël dans la bande de Gaza.
Une déclaration ferme contre ce qu'elle qualifie de génocide
Dans une déclaration transmise à l'Agence France-Presse, Arundhati Roy a affirmé : « Ce qui s'est passé à Gaza, ce qui continue de s'y passer, est un génocide du peuple palestinien perpétré par l'État d'Israël. Si les plus grands cinéastes et les plus grands artistes de notre époque ne peuvent pas se lever pour le dire, qu'ils sachent que l'histoire les jugera. » L'écrivaine devait initialement assister à la projection d'une version restaurée du film In Which Annie Gives it Those Ones (1989), dont elle a écrit le scénario.
Le contexte : un jury qui refuse de se prononcer
La veille de cette annonce, lors de la conférence de presse précédant l'ouverture du festival, le jury avait été interrogé sur le soutien de l'Allemagne à Israël malgré son offensive dans la bande de Gaza. Une commission de l'ONU avait qualifié cette offensive de génocide en 2025. Wim Wenders, Palme d'or à Cannes en 1984 avec Paris, Texas et président de la Berlinale 2026, avait répondu : « Nous devons rester en dehors de la politique dont nous sommes le contrepoids et l'opposé. » La productrice Ewa Puszczynska avait ajouté : « Nous poser cette question est un peu injuste, chacun d'entre nous ici peut avoir d'autres préoccupations et prendre d'autres décisions. »
La réaction d'Arundhati Roy : une critique acerbe
Mme Roy a vivement condamné ces positions, qualifiant les déclarations des membres du jury d'inadmissibles. Elle a estimé : « Les entendre dire que l'art ne devrait pas être politique est sidérant. C'est une manière de fermer la discussion sur un crime contre l'humanité. » Pour elle, cette attitude représente un échec moral des artistes à s'exprimer sur des enjeux humanitaires cruciaux.
Ce boycott soulève des questions plus larges sur le rôle de l'art et des festivals culturels dans les débats politiques internationaux. Alors que la situation à Gaza reste tendue, la prise de position d'Arundhati Roy met en lumière les tensions entre engagement artistique et neutralité perçue dans le milieu cinématographique.



