Les mouvements anti-genre, bien que souvent perçus comme marginaux, gagnent en influence en France et menacent les droits des personnes LGBTI, selon un rapport publié le 26 juin 2026 par l'association SOS homophobie. Ce rapport, intitulé « Les nouveaux visages de l'anti-genre en France », alerte sur une stratégie de plus en plus organisée et visible.
Une montée en puissance des discours anti-genre
Le rapport documente une augmentation de 40 % des actions et discours hostiles aux questions de genre et aux droits LGBTI entre 2024 et 2025. Ces mouvements, souvent portés par des collectifs catholiques traditionalistes et des groupes d'extrême droite, utilisent des arguments pseudoscientifiques pour s'opposer à l'éducation à la sexualité, aux transitions de genre des mineurs et à la reconnaissance des identités non binaires.
« On ne doit pas croire que les droits des personnes LGBTI en France sont acquis », déclare dans le rapport Sarah D., présidente de SOS homophobie. « Ces mouvements sont bien financés et structurés, et ils ciblent en priorité les jeunes et les écoles. »
Des actions ciblées et une influence croissante
Les militants anti-genre ont multiplié les actions : manifestations devant des établissements scolaires, campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux, et lobbying auprès des élus locaux. En 2025, plus de 150 incidents ont été recensés, dont des intimidations envers des enseignants abordant les questions de genre en classe.
Le rapport souligne également l'émergence de « collectifs de parents » qui s'opposent aux programmes d'éducation à la vie affective et sexuelle, les qualifiant de « théorie du genre ». Ces collectifs ont réussi à faire annuler plusieurs interventions d'associations LGBTI dans des écoles, en particulier dans les régions Paca et Auvergne-Rhône-Alpes.
Un contexte politique favorable
Le rapport pointe du doigt la récupération politique de ces discours par certains partis conservateurs. « Des élus locaux et nationaux reprennent à leur compte des slogans anti-genre, ce qui légitime ces positions », explique le document. En 2025, une proposition de loi visant à restreindre l'accès aux soins de transition pour les mineurs a été déposée à l'Assemblée nationale, sans être adoptée mais en créant un débat médiatique important.
Les associations appellent à une vigilance accrue et à un renforcement des politiques de protection des droits LGBTI. « Il ne faut pas sous-estimer la capacité de ces mouvements à influencer l'opinion publique et les décisions politiques », conclut Sarah D.



