Aide à mourir : rupture d'égalité, illusion de liberté, travestissement de la fraternité
Aide à mourir : rupture d'égalité, illusion de liberté

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de professionnels de santé dénonce le projet de loi sur l'aide à mourir, qu'ils jugent contraire aux principes républicains d'égalité, de liberté et de fraternité. Selon eux, ce texte, présenté comme progressiste, crée en réalité une rupture d'égalité entre les citoyens, une illusion de liberté pour les personnes vulnérables et un travestissement de la fraternité.

Une rupture d'égalité entre les citoyens

Les signataires estiment que l'aide à mourir instaurerait une inégalité fondamentale : seuls certains patients, répondant à des critères stricts (maladie incurable, souffrance réfractaire), pourraient bénéficier de cette procédure. Cela créerait une distinction entre ceux qui ont droit à une mort anticipée et ceux qui doivent subir leur maladie jusqu'au bout. « Ce texte instaure une hiérarchie entre les vies qui méritent d'être abrégées et celles qui doivent être accompagnées jusqu'au terme naturel », écrivent-ils.

Une illusion de liberté

Le collectif souligne que la prétendue liberté de choisir sa mort est une illusion pour les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées, handicapées ou en situation de dépendance. « Sous pression sociale, économique ou familiale, le choix de mourir peut devenir une obligation implicite », avertissent-ils. La liberté de choisir la mort n'est réelle que si elle est exercée sans contrainte, ce qui est rarement le cas dans un contexte de souffrance et de fragilité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un travestissement de la fraternité

Enfin, les professionnels de santé estiment que l'aide à mourir travestit le principe de fraternité. Au lieu de promouvoir la solidarité et l'accompagnement des plus vulnérables, le projet de loi propose une solution individuelle et définitive à la souffrance. « La fraternité, c'est prendre soin, pas donner la mort », insistent-ils. Selon eux, les moyens alloués aux soins palliatifs restent insuffisants, et l'aide à mourir détourne l'attention de ce véritable enjeu de santé publique.

Un débat qui divise la société

Le projet de loi sur l'aide à mourir, actuellement en discussion au Parlement, suscite de vifs débats. Les partisans y voient une avancée sociétale et un respect de l'autonomie individuelle, tandis que les opposants, comme ce collectif, dénoncent une dérive éthique. Selon un sondage récent, 70 % des Français se disent favorables à l'aide à mourir, mais les professionnels de santé restent divisés : une enquête de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) indique que 55 % des soignants y sont opposés.

Des alternatives à développer

Les signataires de la tribune appellent à renforcer les soins palliatifs et l'accompagnement psychologique des patients en fin de vie. « Plutôt que de légaliser l'aide à mourir, investissons massivement dans les soins palliatifs, la formation des soignants et le soutien aux familles », proposent-ils. Ils rappellent que la France dispose d'une loi sur les droits des malades (loi Leonetti) qui permet déjà de limiter l'acharnement thérapeutique et de recourir à une sédation profonde et continue.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale