Accès à l'emploi des réfugiés : urgence d'accélérer en France
Accès emploi réfugiés : urgence d'accélérer en France

Un rapport publié le 24 juin 2026 par le think tank Terra Nova et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) alerte sur la lenteur de l'accès à l'emploi des réfugiés en France. Selon ce document, seulement 25 % des réfugiés présents depuis plus d'un an sur le territoire ont un emploi stable, contre 60 % en Allemagne sur la même période. Le constat est sans appel : les obstacles administratifs et le manque d'accompagnement freinent considérablement l'intégration professionnelle.

Des procédures trop longues et complexes

Le rapport pointe du doigt la durée excessive des procédures de demande d'asile, qui s'étend en moyenne à 18 mois. Pendant cette période, les demandeurs d'asile n'ont pas le droit de travailler, ce qui les maintient dans une situation précaire et retarde leur insertion. En outre, une fois le statut de réfugié obtenu, les démarches pour obtenir les documents nécessaires à l'emploi (titre de séjour, autorisation de travail) peuvent prendre plusieurs mois supplémentaires.

Parmi les recommandations, Terra Nova et le HCR suggèrent de réduire le délai de traitement des demandes d'asile à six mois maximum, comme le prévoit la législation européenne, et d'accorder une autorisation provisoire de travail dès le dépôt de la demande si celle-ci n'est pas manifestement infondée. "Il est urgent de simplifier les procédures pour que les réfugiés puissent contribuer à l'économie française", déclare dans le rapport Jean-Marc Sauvé, président de Terra Nova.

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Un gisement d'emplois sous-exploité

Le rapport estime que si le taux d'emploi des réfugiés atteignait celui des Allemands, cela représenterait 150 000 actifs supplémentaires en France, soit l'équivalent de la population active d'une ville comme Nice. Les secteurs en tension, comme la restauration, le bâtiment ou les services à la personne, pourraient bénéficier de cette main-d'œuvre qualifiée. En effet, 40 % des réfugiés arrivés en France ont un diplôme de l'enseignement supérieur, mais seuls 15 % exercent un métier correspondant à leur niveau de qualification.

Le rapport préconise de renforcer la validation des acquis de l'expérience (VAE) et de créer des passerelles linguistiques adaptées aux besoins des employeurs. "Nous avons besoin d'une politique d'intégration volontariste, avec des formations accélérées en français et en compétences professionnelles", souligne Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit à l'université Lyon 3 et co-autrice du rapport.

Des initiatives locales prometteuses

Plusieurs territoires expérimentent des dispositifs innovants. À Lyon, une plateforme numérique met en relation les réfugiés avec des entreprises locales, avec un accompagnement personnalisé. À Nantes, un programme de mentorat associe chaque réfugié à un salarié d'entreprise pour faciliter son insertion. Ces initiatives ont permis de doubler le taux d'emploi des réfugiés dans ces zones en deux ans, passant de 15 % à 30 %.

Le rapport appelle à généraliser ces bonnes pratiques et à créer un "guichet unique" pour l'emploi des réfugiés, qui centraliserait les démarches administratives, la formation et le suivi. "L'enjeu est autant économique que social : l'emploi est le premier vecteur d'intégration et de dignité", conclut le HCR dans un communiqué.

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