Une ovation chaleureuse pour Zelensky à la Conférence de sécurité de Munich
Volodymyr Zelensky a été accueilli par une ovation chaleureuse lors de la Conférence de sécurité de Munich. Le président ukrainien a longuement remercié les Européens et les Américains pour leur soutien, tout en lançant un appel poignant : que « la voix de l'Ukraine continue d'être entendue aux États-Unis ». Pour étayer son discours, il a présenté des photos, des cartes et des diapositives chiffrées, remettant la réalité brutale de la guerre au centre des discussions.
Des priorités militaires claires et des demandes pressantes
Zelensky a défini ses priorités immédiates, plaçant en tête la nécessité de davantage de missiles pour protéger la population et les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Il a réaffirmé que Kiev prenait au sérieux les négociations pour un cessez-le-feu, espérant un accord rapide. Parallèlement, il a pressé les Européens de s'attaquer à la « flotte fantôme » de Poutine, ces pétroliers qui longent les côtes européennes pour alimenter l'effort de guerre russe.
Un nouvel « esprit de Munich » et des mécanismes de financement
Le président ukrainien a appelé à faire souffler un nouvel « esprit de Munich », se démarquant de celui de 1938, qu'il a associé aux prédécesseurs de Poutine. Aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, il a vanté le PurlL (Prioritized Ukraine Requirement List), un mécanisme permettant de financer l'achat d'équipements américains, destiné à remplacer la logique des dons. Il a également élargi le débat à l'Iran, soutenant les manifestants iraniens et appelant à stopper immédiatement le régime.
Le discours traduit : gratitude, besoins urgents et leçons de guerre
Dans son discours traduit, Zelensky a exprimé sa gratitude envers les alliés, notamment l'Allemagne, les États-Unis et les pays européens. Il a souligné l'importance du programme Purl pour acheter des missiles Patriot et d'autres armes défensives. « L'une des pires choses qu'un dirigeant puisse entendre en temps de guerre, c'est un rapport disant que les unités de défense aérienne sont vides », a-t-il déclaré, illustrant la précarité des approvisionnements.
Il a détaillé l'ampleur des attaques russes : 1 451 jours de guerre totale, avec des frappes massives presque chaque nuit. En janvier seulement, l'Ukraine a dû faire face à 6 drones d'attaque, 150 missiles et plus de 50 bombes planantes. « Imaginez cela au-dessus de votre propre ville », a-t-il lancé, décrivant des infrastructures critiques systématiquement ciblées.
L'évolution des armes et le coût humain
Zelensky a alerté sur l'évolution rapide des armes, comme les drones Shahed iraniens, désormais plus sophistiqués. Il a critiqué les délais dans les livraisons d'armes, notant que « dans la guerre, c'est la guerre elle-même qui possède le temps ». Sur le front, il a révélé que la Russie paie un prix élevé : 156 soldats par kilomètre dans la région de Donetsk, avec environ 30 000 à 35 000 pertes mensuelles.
Appels à l'unité et à une défense européenne commune
Le président a insisté sur la nécessité de l'unité face aux tentatives russes de la briser. « Notre unité est le meilleur intercepteur contre les plans agressifs de la Russie », a-t-il affirmé. Il a salué les initiatives de production conjointe d'armes en Ukraine et en Europe, tout en dénonçant les complices de la Russie, comme la Corée du Nord et certaines entreprises chinoises.
Zelensky a plaidé pour une politique européenne de défense commune, soulignant que l'armée ukrainienne est la plus forte d'Europe et qu'il serait insensé de la maintenir hors de l'Otan. « L'Europe a besoin de l'Ukraine », a-t-il martelé, appelant à des garanties de sécurité solides avant tout accord de paix.
Vers des négociations et une paix durable
Le chef d'État ukrainien a exprimé son espoir pour des négociations sérieuses, mais a critiqué les approches divergentes : les Russes parlant d'« esprit de courage », les Américains de concessions, et l'Europe souvent absente. Il a insisté sur le fait que la paix doit reposer sur des garanties de sécurité claires, sans quoi la guerre reviendra.
En conclusion, Zelensky a affirmé que l'Ukraine est prête pour un accord apportant une paix réelle et digne. « Notre mur de drones est votre mur de drones », a-t-il déclaré, offrant l'expertise ukrainienne pour renforcer la sécurité européenne. Son message final : « Prêtez attention à l'Ukraine. Si cela s'était produit plus tôt, cette guerre n'aurait pas commencé ».



