Zelensky fait le point sur la guerre et dénonce des pressions européennes
Dans un entretien accordé à un groupe de journalistes à Kiev, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est revenu en détail sur les derniers développements du conflit avec la Russie. Il a abordé plusieurs sujets cruciaux, dont le contexte international, l'arrivée d'un nouveau système de défense aérienne et ce qu'il qualifie de « chantage » européen concernant l'oléoduc Droujba.
La crainte de perdre le soutien américain
Volodymyr Zelensky a exprimé sa préoccupation face au risque que l'Ukraine ne perde le soutien des États-Unis en raison de la crise au Moyen-Orient. « Nous démontrons notre volonté d'aider les États-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient », a-t-il déclaré, en offrant l'expertise ukrainienne en drones. Il a ajouté avec insistance : « Nous espérons très vivement que les États-Unis ne se détourneront pas de la question de la guerre en Ukraine. » Cette déclaration souligne l'importance stratégique du soutien américain dans le conflit.
Un nouveau système de défense aérienne français
Le président ukrainien a annoncé que l'Ukraine recevrait cette année de France un nouveau système de défense SAMP/T. Ce système sera testé contre des missiles balistiques russes, servant d'alternative au système américain Patriot. Zelensky a précisé que ce sujet était le « plus important » des discussions qu'il a eues à Paris vendredi avec le président français Emmanuel Macron. Cette acquisition marque une étape significative dans le renforcement des capacités défensives ukrainiennes.
Accusations de chantage sur l'oléoduc Droujba
Volodymyr Zelensky a vivement critiqué ses alliés européens, les accusant de faire du « chantage » en pressant Kiev de réparer l'oléoduc Droujba, qui transporte du pétrole russe. Ce dossier est au cœur d'une dispute entre l'Ukraine et la Hongrie. « Ils me forcent à rétablir le Droujba », a-t-il affirmé, expliquant que ce problème est lié à un prêt européen de 90 milliards de dollars, bloqué par Budapest et destiné notamment à l'achat d'armes pour l'Ukraine. « J'ai dit à nos amis en Europe que cela s'appelle du chantage », a-t-il lancé, révélant les tensions au sein de l'alliance.
Relations tendues avec la Hongrie et élections à venir
Malgré ces tensions, Zelensky a indiqué que l'Ukraine était prête à travailler avec tout dirigeant hongrois qui « n'est pas un allié » de Vladimir Poutine. Cette déclaration intervient à quelques semaines d'élections législatives en Hongrie, qui pourraient entraîner un changement de gouvernement. Il a accusé le gouvernement actuel de Viktor Orbán de diffuser un sentiment antiukrainien et affirmé que des conseillers en communication russes se trouvaient en Hongrie pour aider ce dernier dans sa campagne électorale. Ces accusations soulignent les défis diplomatiques persistants dans la région.



