Zaoutar el-Gharbiye : le village libanais rasé par Israël, zone pilote dévastée
Zaoutar el-Gharbiye : le village libanais rasé par Israël

Le village de Zaoutar el-Gharbiye, situé dans le sud du Liban, a été entièrement rasé par l'armée israélienne après avoir été désigné « zone pilote ». Selon les témoignages des habitants recueillis par notre correspondant, les forces israéliennes ont systématiquement détruit chaque maison, chaque route et chaque infrastructure, dans le but affiché de rendre toute vie impossible dans cette localité frontalière.

Une destruction méthodique

Les opérations ont débuté il y a trois semaines, lorsque l'armée israélienne a annoncé que Zaoutar el-Gharbiye servirait de laboratoire pour de nouvelles tactiques de démolition. « Ils ont tout détruit, même les puits et les réservoirs d'eau », explique Ali Hassan, un agriculteur de 54 ans. « Ils voulaient nous chasser pour de bon. » Sur les 120 maisons que comptait le village, seules deux ruines tiennent encore debout.

Les experts estiment que plus de 90 % des bâtiments ont été démolis au bulldozer ou par explosifs, et que les terres agricoles ont été labourées par des engins blindés. Selon des images satellite analysées par l'ONG Human Rights Watch, la superficie détruite atteint 35 hectares, soit la quasi-totalité de la zone habitée.

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Une population déplacée

L'ensemble des 800 habitants de Zaoutar el-Gharbiye ont fui vers les villages voisins ou vers Tyr. « Nous avons tout perdu », témoigne Fatima Jaber, une mère de trois enfants. « Mon mari est porté disparu depuis le premier raid. Je ne sais pas si nous pourrons jamais revenir. » Les autorités libanaises dénombrent 12 morts et 45 blessés lors des opérations, mais ces chiffres pourraient augmenter.

Le gouvernement libanais a dénoncé une « violation flagrante du droit international » et a saisi le Conseil de sécurité de l'ONU. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a confirmé avoir enregistré « des destructions de grande ampleur contraires aux résolutions 1701 et 1701 du Conseil de sécurité ».

Des conséquences durables

Les dégâts matériels sont estimés à plus de 20 millions de dollars par la Banque mondiale, mais les habitants craignent que la reconstruction ne prenne des années. « Même si l'argent arrive, qui voudra revenir après une telle violence ? » s'interroge l'ancien maire, Ibrahim Khalil. Selon lui, la destruction des réseaux d'eau et d'électricité rendra le retour quasi impossible pendant au moins deux ans.

Cette opération s'inscrit dans le cadre de la politique israélienne de « zones tampons » à la frontière libanaise, régulièrement dénoncée par Beyrouth. Depuis le début de l'année, plus de 200 bâtiments ont été démolis dans la région, soit deux fois plus qu'en 2025.

Réactions internationales

L'Union européenne a appelé à « une enquête indépendante sur les destructions massives », tandis que les États-Unis ont exprimé leur « préoccupation » sans condamner explicitement Israël. L'Iran, allié du Hezbollah, a promis une aide de 5 millions de dollars pour la reconstruction.

Pour les habitants, l'avenir est sombre. « Ils veulent nous faire disparaître de la carte », conclut Ali Hassan. « Mais nous reviendrons, coûte que coûte. »

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