Million Mehari, 15 ans, vit dans la peur d'une reprise de la guerre au Tigré
Une adolescente déplacée craint la reprise de la guerre au Tigré

Une adolescente déplacée vit dans l'angoisse d'un nouveau conflit au Tigré

Million Mehari, une adolescente de 15 ans originaire de Humera, dans l'ouest du Tigré, réside actuellement dans une modeste maison de tôles qu'elle partage avec sa grand-mère. Ce logement précaire se situe au sein du camp de personnes déplacées de Tshehaye, à Shiré, en Éthiopie. Assise sur un petit tabouret, la jeune fille tortille nerveusement son collier de perles bleues et blanches, trahissant une profonde inquiétude.

Un passé marqué par l'exil et un présent incertain

Il y a cinq ans, la guerre qui a ravagé la région du Tigré entre 2020 et 2022 a contraint Million Mehari à fuir sa ville natale d'Humera. Elle a trouvé refuge au Soudan voisin avec une partie de sa famille, avant de se réinstaller dans le nord de l'Éthiopie en 2025, espérant y trouver une paix durable. Cependant, depuis quelques semaines, des rumeurs alarmantes circulent dans le camp.

« Beaucoup de gens disent que la guerre va reprendre. Ça me fait tellement peur… Mais qu'est-ce qu'on peut y faire ? », confie-t-elle, le visage empreint d'anxiété. Ses paroles reflètent le sentiment de vulnérabilité et d'impuissance qui habite de nombreux déplacés internes.

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Un regain de tensions inquiétant dans la région

Le Tigré connaît effectivement une recrudescence des tensions depuis la fin du conflit qui a opposé les autorités provinciales du Tigré au gouvernement fédéral éthiopien. Ce conflit meurtrier a causé la mort de 600 000 personnes en l'espace de deux ans, laissant des cicatrices profondes dans la société.

Début février, plusieurs vidéos postées sur les réseaux sociaux ont montré d'impressionnants convois militaires se dirigeant vers le nord. Parallèlement, l'armée éthiopienne a massé ses troupes aux abords de la province insurgée, alimentant les craintes d'une reprise des hostilités. Ces mouvements militaires observés récemment créent un climat de peur et d'instabilité pour les populations civiles, particulièrement pour celles déjà traumatisées par la guerre précédente.

La situation précaire de Million Mehari et de sa grand-mère illustre les conséquences humaines durables des conflits armés. Leur maison de tôles symbolise la fragilité de leur existence, suspendue aux décisions politiques et militaires qui échappent totalement à leur contrôle. Alors que la communauté internationale observe avec attention l'évolution de la situation, des milliers de déplacés comme Million Mehari attendent dans l'angoisse, espérant que la paix pourra finalement s'installer durablement dans leur région natale.

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