Guerre en Ukraine : deux jours de négociations difficiles à Genève sans percée
Les délégations ukrainienne et russe ont conclu mercredi à Genève deux journées de pourparlers qualifiés de "difficiles" sans avancée significative. Malgré la pression exercée par le président américain Donald Trump, les positions de Volodymyr Zelensky et de Moscou demeurent éloignées, particulièrement sur la question épineuse des cessions territoriales dans le Donbass.
Des discussions tendues sans rapprochement visible
La dernière session de négociations, d'une durée d'environ deux heures mercredi, s'est achevée sans progrès tangible. Les deux parties ont toutefois confirmé la poursuite prochaine des discussions à une date non précisée. Roustem Oumerov, chef de la délégation ukrainienne, a évoqué des "progrès" et des "clarifications", tout en restant discret sur les détails concrets.
De son côté, le négociateur russe Vladimir Medinsky a déclaré : "Les discussions ont été difficiles mais professionnelles. La prochaine réunion aura lieu prochainement." Les agences de presse russes ont rapporté que les échanges de mardi avaient été "très tendus" et avaient duré six heures, impliquant différents formats bilatéraux et trilatéraux.
L'impasse territoriale au cœur des désaccords
Le principal point de blocage concerne les 20% de territoires de la région de Donetsk non occupés par la Russie depuis le début de l'invasion à grande échelle le 24 février 2022. Moscou exige la cession de ces zones, tandis que Kiev refuse catégoriquement toute concession territoriale majeure.
Volodymyr Zelensky a réaffirmé cette position inflexible, avertissant qu'un référendum rejetterait tout plan prévoyant l'abandon de territoires ukrainiens. Le président ukrainien a également accusé Moscou de "tenter de faire traîner en longueur des négociations" qui pourraient selon lui atteindre leur phase finale.
La pression américaine et les réactions ukrainiennes
Les pourparlers se sont tenus sous l'égide des États-Unis, alors que Donald Trump a multiplié les appels publics à un accord rapide. Dans une interview accordée à Axios, Volodymyr Zelensky a exprimé son désaccord avec cette approche : "Il n'est pas juste que Donald Trump demande publiquement à Kiev, et non à Moscou, de faire des concessions."
Malgré ces tensions diplomatiques, le président ukrainien a remercié Trump pour ses efforts et souligné le respect mutuel qui caractérise leurs relations. Il a également précisé ne pas subir les mêmes pressions lors de ses échanges avec Steve Witkoff, émissaire spécial américain, et Jared Kushner, gendre du président américain.
Perspectives incertaines malgré des déclarations optimistes
Steve Witkoff a pour sa part assuré que les efforts de médiation américains portaient leurs fruits : "Le succès du président Trump dans le rapprochement des deux camps a permis des progrès significatifs." Il a ajouté que les deux parties s'étaient engagées à informer leurs dirigeants respectifs et à poursuivre les efforts vers un accord.
Volodymyr Zelensky, dans une allocution télévisée, a déclaré attendre le rapport complet de son équipe de négociation et réaffirmé la volonté ukrainienne de progresser rapidement vers un accord acceptable. La question fondamentale reste cependant sans réponse : "Que veulent exactement les Russes ?"
Les négociations de Genève ont donc confirmé la complexité du processus de paix, avec des positions profondément ancrées de part et d'autre. Alors que les discussions doivent se poursuivre, l'absence de percée concrète après deux jours d'intenses pourparlers souligne les défis considérables qui persistent pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis près de quatre ans.



