Guerre en Ukraine : un mois de mars sans avancée territoriale pour Moscou
Vous avez manqué les derniers développements du conflit ukrainien ? Voici une synthèse détaillée des événements clés de ce jeudi 2 avril 2026, marquant le 1.499e jour de cette guerre dévastatrice. Les analyses révèlent une situation contrastée sur le terrain, avec un ralentissement notable des offensives russes mais une intensification des frappes aériennes.
Le fait marquant : l'armée russe enrayée
Un coup d'arrêt très net. Pour la première fois depuis septembre 2023, l'armée russe n'a enregistré aucun gain territorial significatif en Ukraine au cours du mois de mars. Selon une analyse approfondie de l'AFP basée sur les données de l'Institut pour l'étude de la guerre, les forces de Moscou ont même reculé sur certains secteurs face aux troupes ukrainiennes.
Ces chiffres excluent les opérations d'infiltration menées au-delà de la ligne de front et les avancées revendiquées par la Russie mais non confirmées par l'ISW, qui collabore avec le Critical Threats Project, un autre centre de réflexion américain spécialisé.
L'ISW attribue ce ralentissement russe à plusieurs facteurs :
- Les contre-offensives déterminées des forces ukrainiennes.
- L'interdiction faite à la Russie d'utiliser les terminaux Starlink en Ukraine.
- Les efforts du Kremlin pour restreindre l'accès à Telegram, affectant potentiellement la coordination.
Il est important de rappeler que l'ensemble de la quatrième année de conflit, en 2025, avait vu l'armée russe progresser davantage que durant les 24 mois précédents. Cependant, la dynamique semble désormais s'inverser progressivement. Actuellement, l'armée russe occupe un peu plus de 19% du territoire ukrainien.
Le chiffre alarmant : une pluie de drones record
6.462. C'est le nombre impressionnant de drones longue portée que la Russie a lancé sur l'Ukraine en mars, établissant un record absolu depuis le début de la guerre, selon une analyse de données ukrainiennes réalisée par l'AFP.
Ce volume représente une augmentation stupéfiante de 28% par rapport au mois de février, d'après une compilation des données fournies quotidiennement par l'armée de l'air ukrainienne. Ce chiffre inclut notamment une attaque sans précédent le 24 mars, avec près de 1.000 drones tirés en seulement 24 heures.
Paradoxalement, le nombre de missiles lancés contre l'Ukraine en mars a diminué significativement, avec 138 frappes contre 288 le mois précédent. Malgré l'interception de 90% des drones et missiles par les défenses ukrainiennes en mars, ces raids ont causé de nombreuses victimes civiles, y compris très loin du front où s'affrontent les troupes depuis l'invasion russe de février 2022.
La tendance géopolitique : les infrastructures énergétiques ciblées
Une infrastructure énergétique cruciale dans le sud de la Russie, garantissant la livraison de gaz à la Turquie, a été ciblée dans la nuit par une attaque de drones, qui a été repoussée, a indiqué jeudi le groupe Gazprom.
La station de compression Russkaïa, qui assure la fiabilité des exportations de gaz via le gazoduc TurkStream, « a été la cible d'une attaque de trois drones », a précisé le géant gazier sur Telegram, ajoutant que celle-ci avait été « repoussée » par les forces de défense et n'avait provoqué aucun dommage au site.
Le 12 mars, le Kremlin avait déjà accusé Kiev d'une attaque de drones « irresponsable » contre cette même installation, située dans la région de Krasnodar. Le ministère russe de la Défense avait affirmé avoir abattu au-dessus de cette station de compression dix drones lancés depuis l'Ukraine, illustrant l'extension géographique des hostilités aux infrastructures énergétiques stratégiques.



