Guerre en Ukraine : extradition d'un archéologue russe, soutien espagnol et réaction à un documentaire
Ukraine : extradition russe, soutien espagnol, documentaire contesté

Le point sur la guerre en Ukraine au 1.483e jour du conflit

Vous avez manqué les derniers développements concernant la guerre en Ukraine ? Voici une synthèse détaillée des événements marquants de ce mercredi 18 mars 2026, alors que le conflit entre dans son 1.483e jour.

L'extradition controversée d'un archéologue russe

« Il s’agit d’un procès politique qui n’a absolument aucun fondement juridique. » Ces mots vigoureux ont été prononcés par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, réagissant à la décision d'un tribunal polonais. Ce dernier a en effet donné son feu vert à l'extradition vers l'Ukraine d'Alexandre Boutiaguine, un archéologue russe de renom.

Alexandre Boutiaguine, qui dirige une section d'archéologie antique au prestigieux musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, avait été interpellé en décembre dernier par les services de sécurité intérieure polonais (ABW). Cette arrestation faisait suite à une demande des autorités ukrainiennes, alors que l'archéologue effectuait une tournée de conférences en Europe.

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Les accusations portées contre lui sont graves : « destruction de sites du patrimoine culturel » dans la péninsule de Kertch en Crimée, territoire annexé par la Russie. Les services de sécurité ukrainiens estiment que ses actions ont causé des dommages dépassant les 4 millions d'euros, ce qui pourrait lui valoir jusqu'à 10 ans d'emprisonnement en Ukraine.

La porte-parole russe a affirmé que son pays disposait d'une semaine pour contester cette décision et qu'il œuvrerait pour « obtenir le retour rapide d'Alexandre Boutiaguine dans son pays natal ». À l'inverse, le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères s'est félicité du jugement polonais.

Le soutien renouvelé de l'Espagne à Kiev

« Rien ni personne ne nous fera oublier ce qui se passe en Ukraine », a déclaré avec fermeté Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol. Ce mercredi, il recevait à Madrid le président ukrainien Volodymyr Zelensky, réaffirmant l'engagement indéfectible de son pays.

Pedro Sánchez a insisté : « Nous allons continuer à vos côtés, comme nous l'avons toujours été, en tant qu'allié fidèle, loyal et fiable ». Il a assuré à l'Ukraine le « soutien » de l'Espagne face à ce qu'il a qualifié d'« agression cruelle, injustifiée et injuste » menée par l'armée rusne depuis février 2022.

L'annonce la plus concrète de cette rencontre concerne la coopération militaire. Les deux dirigeants ont en effet convenu de « travailler ensemble » pour « se lancer dans la co-production, la co-fabrication dans le domaine de l'industrie de défense ». Pedro Sánchez a présenté ce projet comme « très important », sans toutefois dévoiler davantage de détails sur sa nature exacte ou son calendrier.

Sean Penn sur le front ukrainien

L'acteur américain de renommée mondiale Sean Penn s'est rendu à seulement 20 kilomètres des lignes de front dans la région orientale de Donetsk. Selon des images publiées par une brigade ukrainienne, il y a rencontré des soldats ainsi qu'un ancien responsable de la présidence ukrainienne.

La brigade a indiqué que Sean Penn avait exprimé aux militaires « son soutien sincère » et « sa gratitude », partageant plusieurs photographies de sa visite. Plus tôt dans la journée, elle avait également diffusé une vidéo enregistrée avant son arrivée en Ukraine.

Dans cette séquence, l'acteur rend hommage aux soldats de la brigade qui combattent en première ligne depuis des dizaines de jours. Il estime que c'est le « devoir sacré » des États-Unis de soutenir l'Ukraine. S'adressant directement aux militaires, il déclare : « Vous représentez tout ce qu'il y a de mieux en nous et le courage qu'on peut seulement rêver d'avoir ». Sean Penn affirme par ailleurs que, selon lui, la « majorité des gens » aux États-Unis sont « avec » l'Ukraine.

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Un documentaire oscarisé sous le feu des critiques russes

Un comité russe des droits humains a vivement réagi mercredi au documentaire Mr Nobody contre Poutine, qui a remporté le prix du meilleur documentaire aux Oscars dimanche dernier. Cette instance accuse le film d'avoir utilisé des images de mineurs sans le consentement de leurs parents.

Ce documentaire de 90 minutes, coréalisé par Pavel Talankine et le réalisateur américain David Borenstein, dénonce l'embrigadement croissant des élèves en Russie depuis le début de l'offensive à grande échelle en Ukraine en février 2022. Pavel Talankine, ancien animateur pédagogique et vidéaste dans une école de la petite ville de Karabach dans l'Oural, a filmé ce phénomène de manière officielle avant de fuir la Russie à l'été 2024 avec les disques durs contenant ces précieuses images.

Le Conseil présidentiel russe pour les droits humains, un organe consultatif, a officiellement écrit au comité d'organisation des Oscars et au directeur général de l'Unesco. Il demande à l'Académie des Oscars « d'examiner si cette œuvre est conforme aux normes éthiques et juridiques appliquées par l'Académie lors de l'attribution de ses récompenses ».

Selon cette instance russe, « l'utilisation d'images de mineurs a été effectuée sans obtenir le consentement des représentants légaux des enfants ». Elle affirme également que ces derniers « ont saisi les autorités compétentes de la Fédération de Russie afin de protéger les droits de leurs enfants ». Cette réaction officielle marque la première prise de position des autorités russes concernant ce documentaire qui a reçu une reconnaissance internationale majeure.