Stanislas, étudiant ukrainien sous la menace de la mobilisation : une vie suspendue
Étudiant ukrainien sous menace de mobilisation : vie suspendue

Stanislas, étudiant ukrainien sous la menace de la mobilisation : une vie suspendue

Stanislas, un étudiant ukrainien de 30 ans résidant à Odessa, vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Menacé de mobilisation par les autorités ukrainiennes, il a préféré reprendre ses études plutôt que d'être enrôlé de force sur le front, doutant de son utilité militaire. Quatre ans après le début du conflit, il raconte un quotidien pesant et un horizon obstrué, marqué par des cours en visioconférence sans interactions, des sorties ultra-millimétrées et un moral en berne.

Le choc de l'invasion et le choix de rester

« En février 2022, lorsque la guerre a éclaté, comme beaucoup d'Ukrainiens, je n'ai rien vu venir », confie Stanislas. À l'époque, il travaillait depuis chez lui pour une entreprise américaine, un emploi trouvé pendant la pandémie de Covid-19. « Je me donnais énormément. Je n'avais vraiment pas le temps de regarder ailleurs », se souvient-il.

La première semaine du conflit, la moitié de ses amis a fui vers l'Europe, l'autre moitié les suivant dans les trois mois. Sa mère l'a appelé un matin pour lui dire : « Demain, à 6 heures, un bus part de la frontière moldave. Prépare ton sac ». Stanislas explique : « Peut-être que si elle n'avait pas essayé de m'imposer son choix, je serais parti. Au lieu de ça, je suis resté. Ça raconte sans doute beaucoup de choses sur mon œdipe maternel pas encore déconstruit ». Il ajoute avec humour, en tant que juif : « Ma relation avec ma mère est un problème insoluble ».

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La menace grandissante de la mobilisation

Persuadé initialement que la guerre ne durerait pas, Stanislas a continué à travailler comme si de rien n'était. Mais le problème a commencé courant 2024, lorsque les autorités ukrainiennes ont abaissé l'âge minimum de mobilisation de 27 à 25 ans et durci les conditions d'exemption. « Avant, si tu avais dépassé 27 ans, il suffisait de présenter certains documents pour être exempté », précise-t-il. Désormais, les règles sont plus strictes, augmentant la pression sur les hommes comme lui.

Face à cette menace, Stanislas a opté pour la reprise d'études, une stratégie pour éviter l'enrôlement forcé. Cependant, cette décision ne lui apporte pas la paix. Son quotidien est rythmé par des cours en visioconférence, qu'il décrit comme dénués d'interactions significatives. « Les sorties sont ultra-millimétrées, par peur de croiser des patrouilles ou d'être repéré », raconte-t-il. Le moral est en berne, avec un sentiment d'isolement et d'incertitude constant.

Un horizon obstrué par la guerre

La vie de Stanislas est suspendue, prise entre l'espoir de terminer ses études et la crainte d'être mobilisé à tout moment. « Je vis avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête », répète-t-il, soulignant le stress permanent. Les perspectives d'avenir semblent bouchées, avec peu d'options pour échapper à la mobilisation si les conditions se durcissent encore.

Son témoignage illustre le dilemme de nombreux Ukrainiens en âge de combattre, tiraillés entre le devoir patriotique et la peur de la mort ou de l'inutilité sur le front. Stanislas conclut : « C'est un quotidien pesant, où chaque jour peut être le dernier avant l'appel. Je ne sais pas de quoi demain sera fait ».

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