Donald Trump a une nouvelle fois suscité la polémique en réécrivant l'histoire des États-Unis. Lors d'un discours de campagne, il a affirmé que les pères fondateurs avaient aboli l'esclavage, une affirmation totalement infondée historiquement. Cette déclaration intervient alors que le président américain cherche à séduire l'électorat conservateur à quelques mois de l'élection présidentielle.
Une contre-vérité historique flagrante
Dans un meeting tenu en Floride, Trump a déclaré : "Les pères fondateurs ont mis fin à l'esclavage, ils ont fait un travail incroyable". Or, l'esclavage a été aboli en 1865 avec le 13e amendement, soit près d'un siècle après la Déclaration d'indépendance de 1776. Plusieurs pères fondateurs, comme George Washington et Thomas Jefferson, étaient eux-mêmes propriétaires d'esclaves.
Selon des historiens interrogés par le Washington Post, cette affirmation est "une distorsion grossière de la réalité historique". Le professeur James Grossman de l'American Historical Association a déclaré : "C'est une tentative de réécrire le passé pour des fins politiques, ce qui est dangereux pour la compréhension collective de notre histoire."
Un discours qui s'inscrit dans une stratégie électorale
Cette révision historique n'est pas un incident isolé. Trump a déjà multiplié les déclarations controversées sur l'histoire américaine, notamment en affirmant que les "bons des deux côtés" lors des émeutes de Charlottesville ou en remettant en cause les résultats de l'élection de 2020. Les analystes politiques y voient une stratégie visant à mobiliser sa base électorale en jouant sur les symboles patriotiques.
"Trump cherche à redéfinir le récit national pour le rendre plus conforme à sa vision politique", explique l'historien David Blight, spécialiste de la guerre de Sécession. "Mais cela se fait au détriment de la vérité historique."
Les réactions ne se font pas attendre
Les démocrates ont rapidement condamné ces propos. Joe Biden a tweeté : "Notre histoire ne peut pas être réécrite pour convenir à un agenda politique. Les pères fondateurs n'ont pas aboli l'esclavage, ils ont mis en place un système qui l'a perpétué pendant près d'un siècle."
Des organisations de défense des droits civiques, comme la NAACP, ont également exprimé leur indignation. "Ce genre de désinformation est une insulte à la mémoire des millions d'Afro-Américains qui ont souffert de l'esclavage", a déclaré Derrick Johnson, président de la NAACP.
Un impact sur le débat public
Cette controverse intervient dans un contexte de tensions raciales aux États-Unis, ravivées par les mouvements de protestation comme Black Lives Matter. Selon un sondage du Pew Research Center, 58% des Américains estiment que l'histoire de l'esclavage est mal enseignée dans les écoles. Les déclarations de Trump risquent de polariser davantage le débat sur la manière dont l'histoire américaine est racontée.
L'historienne Annette Gordon-Reed, prix Pulitzer pour son travail sur Thomas Jefferson, a averti : "Lorsque les dirigeants politiques réécrivent l'histoire, cela mine la confiance dans les institutions éducatives et dans la démocratie elle-même."



