La guerre au Moyen-Orient continue de s'enliser. Le président des États-Unis, Donald Trump, a proféré dimanche de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran. Les pays du G7 se réunissent néanmoins ce lundi 18 mai à Paris pour discuter des répercussions économiques du conflit, alors que les prix du pétrole s'envolent une nouvelle fois.
Trump menace encore l'Iran
Donald Trump a prévenu sur sa plateforme Truth Social qu'il « ne restera plus rien de l'Iran » si Téhéran ne signait pas un accord avec les États-Unis, alors que les espoirs de négociations entre les deux pays semblent lointains. Les deux pays ne se sont plus parlé directement depuis des entretiens au Pakistan mi-avril. « Pour l'Iran, le temps presse », a prévenu Donald Trump. Les Iraniens « feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux », a ajouté le milliardaire républicain, qui avait déjà menacé début avril d'anéantir « une civilisation entière », avant de conclure un cessez-le-feu avec Téhéran.
Les propositions de l'Iran jugées « inacceptables »
Les États-Unis n'ont accordé « aucune concession concrète » dans leur réponse aux propositions de l'Iran, notamment sur le dossier nucléaire, principal sujet de divergence entre les deux pays, ont affirmé dimanche les médias iraniens. Le 10 mai, Donald Trump avait d'ailleurs qualifié de « totalement inacceptable » la dernière proposition iranienne pour régler le conflit. « Washington a également exigé des restrictions très strictes et de longue durée sur le secteur nucléaire iranien », selon l'agence iranienne Mehr. Washington somme notamment l'Iran de ne maintenir qu'un seul site nucléaire en activité et de transférer son stock d'uranium hautement enrichi aux États-Unis, a rapporté l'agence Fars. Selon cette source, les États-Unis ont également refusé de débloquer « ne serait-ce que 25 % » des avoirs iraniens gelés à l'étranger.
Avant même le message de Donald Trump, Téhéran avait lancé dimanche un avertissement à Washington. « Le président américain devrait savoir que si (...) l'Iran est de nouveau agressé, les ressources et l'armée de son pays seront confrontées à des scénarios inédits, offensifs, surprenants et tumultueux », a averti le porte-parole des forces armées, Abolfazl Shekarchi. De son côté, le principal négociateur iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a écrit sur les réseaux sociaux que la présence des États-Unis dans la région était « non seulement incapable d'apporter la sécurité mais [était] en plus source d'insécurité ».
De nouvelles frappes dans les pays du Golfe
Plusieurs pays du Golfe ont été, une nouvelle fois, pris pour cible. Les Émirats arabes unis ont dénoncé dimanche la frappe de drone ayant provoqué un incendie aux abords de la centrale nucléaire de Barakah, dans l'ouest du pays, sans en attribuer l'origine. Les autorités émiraties y voient une « escalade dangereuse ». Les systèmes de défense antiaérienne ont détecté « trois drones qui étaient entrés par la frontière occidentale », dont deux ont été interceptés avec succès, tandis que l'autre « a frappé un générateur électrique » près du site, selon le ministère émirati de la Défense. L'Arabie saoudite a dénoncé cette frappe, y voyant une « menace pour la sécurité et la stabilité de la région ». Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a exprimé « sa profonde préoccupation ».
De son côté, l'Arabie saoudite a intercepté trois drones entrés ce dimanche dans son espace aérien en provenance d'Irak, a annoncé le ministère de la Défense, ajoutant que le pays mettrait en œuvre « toutes les mesures nécessaires » pour répondre aux tentatives d'atteinte à sa souveraineté et sa sécurité.
Sept morts au Liban dans des frappes israéliennes
Sur le front libanais, en dépit de la prolongation vendredi d'une trêve théorique, entrée en vigueur le 17 avril, pour un mois et demi supplémentaire, de nouvelles frappes israéliennes ont fait plusieurs blessés et tué sept personnes, dont deux enfants dans le sud du pays. Dans l'Est, un tir de missile israélien visant un appartement en périphérie de Baalbek a tué un chef du Jihad islamique, groupe palestinien allié du Hezbollah, Wael Abdel Halim.
Le G7 se réunit à Paris alors que le prix du baril s'envole
Alors que les ministres des Finances du G7 se réunissent ce lundi et mardi à Paris pour tenter notamment de rapprocher leurs positions face aux répercussions économiques du conflit, les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi à l'ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent prenant 1,28 % à 110,26 dollars. Dès lors, les grands argentiers du G7 ont mis en haut des priorités les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais. « Je pense qu'aujourd'hui, on va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne », a déclaré lundi le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure. « On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement », a-t-il détaillé. Une nouvelle libération de stocks stratégiques de pétrole, comme celle décidée en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon le ministre. Il s'est toutefois montré prêt à « discuter de ça » si nécessaire, « si jamais on arrive à ouvrir le détroit d'Ormuz » et que les navires mettent du temps à circuler de nouveau normalement.



