Les États-Unis envisagent d'envoyer 10 000 soldats au Moyen-Orient, ciblant les îles stratégiques iraniennes
États-Unis : 10 000 soldats au Moyen-Orient, cibles iraniennes

Déploiement militaire américain au Moyen-Orient : les îles iraniennes dans le viseur

La Maison Blanche et le ministère de la Défense des États-Unis envisagent sérieusement d'envoyer au moins 10 000 soldats de combat supplémentaires au Moyen-Orient dans les prochains jours. Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues, avec un zoom particulier sur les îles stratégiques de l'Iran dans le Golfe. Selon le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, les États-Unis se prépareraient à envahir une île clé de la région.

Kharg : le poumon pétrolier iranien

Cette bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, abrite le plus grand terminal pétrolier de l'Iran. Il assure environ 90 % des exportations de brut du pays, selon une récente note de la banque américaine JP Morgan. Kharg a été la cible, mi-mars, de ce que Donald Trump a décrit comme « l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient », affirmant avoir détruit toutes les cibles militaires tout en épargnant volontairement les infrastructures industrielles.

Développée pendant l'essor pétrolier des années 1960 et 1970, l'île reste une pierre angulaire de l'économie iranienne et une source majeure de revenus pour les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. L'expert Farzin Nadimi estime que Washington pourrait chercher à s'en emparer, mais une opération militaire y serait « très difficile » en raison des infrastructures pétrolières, oléoducs et réservoirs qui la recouvrent entièrement. La Maison Blanche affirme cependant que l'armée américaine peut « neutraliser » Kharg à tout moment sur ordre du président.

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Larak : le péage stratégique de Téhéran

Cette petite île, située à l'est de Qeshm et au sud d'Ormuz, occupe une position cruciale au point le plus étroit du détroit d'Ormuz. Site majeur d'exportation pétrolière depuis 1987, elle abrite une base militaire iranienne. Récemment, Larak a gagné en notoriété en tant que « péage de Téhéran », selon la société de données maritime Lloyd's List Intelligence. Les Gardiens de la Révolution y ont établi un système d'enregistrement pour les « navires approuvés », imposant des frais substantiels aux bateaux empruntant cette route maritime.

Les données maritimes confirment que les rares navires commerciaux transitant encore par le détroit d'Ormuz passent à proximité de Larak, renforçant son importance géostratégique.

Qeshm et les îlots disputés

Plus grande île du Golfe, Qeshm s'étend sur une centaine de kilomètres dans le détroit d'Ormuz. Destination touristique prisée pour son patrimoine géologique classé par l'Unesco, elle sert également de porte d'entrée pour les produits venant des Émirats arabes unis. À proximité, les îles d'Ormuz et de Larak sont largement militarisées.

L'Iran occupe également trois îlots disputés – la Petite Tumb, la Grande Tumb et Abou Moussa – revendiqués par les Émirats. Avec un autre îlot, Siri, ces territoires sont fortement bunkerisés, transformés en mini-forteresses équipées de missiles antinavires, selon Pierre Razoux, directeur de recherche au centre FMES. Il les compare à l'île de Tarawa, théâtre d'une bataille féroce en 1943.

Téhéran y a déployé des contingents des Gardiens de la Révolution et de nouveaux systèmes de missiles en 2025, capables de cibler les « bases, navires et équipements ennemis » à proximité. Selon Razoux, un contrôle américain de ces îlots empêcherait l'Iran de les utiliser offensivement contre le trafic maritime, soulignant leur valeur tactique dans un éventuel conflit.

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