Syrie: procès de proches d'Assad dès dimanche
Syrie: procès de proches d'Assad dès dimanche

Les procès de figures clé du pouvoir du président syrien déchu Bachar al-Assad doivent s'ouvrir dimanche, a indiqué samedi à l'AFP un responsable du ministère de la Justice. Ces Syriens sont accusés d'avoir notamment commis des exactions lors de la guerre civile déclenchée en mars 2011 par des manifestations prodémocratie réprimées par les autorités.

Premières audiences emblématiques

« Les premières audiences visant des figures emblématiques de l'ancien régime syrien débuteront dimanche », a déclaré ce responsable sous couvert d'anonymat, citant le cas d'Atif Najib, arrêté en janvier. Ancien chef de la sécurité politique à Deraa (sud), berceau du soulèvement de 2011, il est accusé d'y avoir orchestré la répression. Il est aussi un cousin du président déchu.

D'autres procès à venir

Selon le responsable du ministère, d'autres procès suivront, notamment ceux de Wassim al-Assad, autre cousin de l'ancien président, Amjad Youssef, principal suspect d'un massacre commis en 2013 et arrêté cette semaine, ou encore des « pilotes ayant participé au bombardement de villes syriennes ».

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La guerre, qui a dévasté le pays pendant 13 ans, a fait plus d'un demi-million de morts. Les forces syriennes ont pilonné des zones tenues par les rebelles, tandis que des dizaines de milliers de personnes ont disparu, notamment dans les prisons.

Justice transitionnelle

Après le renversement de Bachar al-Assad fin 2024, les autorités islamistes ont annoncé à plusieurs reprises l'arrestation d'anciens responsables, promettant justice pour les exactions commises sous Assad. Celui-ci a fui en Russie avec des proches, et des responsables auraient également quitté le pays ou trouvé refuge sur la côte, dans l'ouest du pays, bastion de la minorité alaouite dont est issu l'ex-président.

Le ministre de la Justice, Mazhar al-Wais, a indiqué vendredi sur X que le tribunal pénal de Damas était prêt « pour le moment que les victimes attendent depuis longtemps : le début de procès publics » visant d'anciens responsables, « dans le cadre du processus de justice transitionnelle ».

Origines de la révolte

La révolte a été déclenchée le 15 mars 2011 après l'arrestation à Deraa de 15 élèves accusés d'avoir inscrit des slogans antigouvernementaux sur les murs de la ville. Selon des habitants, ces élèves ont été torturés, déclenchant une manifestation pour leur libération, réprimée dans le sang. Atif Najib, tenu pour responsable de la répression, a été limogé peu après. Il figurait sur une liste de sanctions du Trésor américain visant plusieurs responsables syriens. Wassim al-Assad a été arrêté en juin dernier. Le Trésor américain l'a sanctionné en 2023, affirmant qu'il dirigeait une unité paramilitaire et qu'il était « une figure clé d'un réseau régional de trafic de drogue ».

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