La Syrie a dénoncé ce samedi 22 août des « attaques répétées » d’Israël après une frappe de drone survenue dans la matinée dans le sud du pays. Cette nouvelle action intervient quelques jours après le bombardement d’une base militaire dans le Nord-Ouest, une opération critiquée par Washington et que le Premier ministre israélien a implicitement reconnue.
Une frappe de drone revendiquée par l’armée israélienne
La télévision d’État syrienne a rapporté samedi qu’une personne avait été blessée par un drone israélien ayant ciblé un véhicule près du plateau du Golan, en large partie occupé depuis 1967 et annexé par Israël. Les médias d’État ont publié la photo d’un camion endommagé dans le village de Beit Jinn.
L’armée israélienne a indiqué que ses forces avaient tiré dans le sud de la Syrie sur une personne « qui préparait des attaques terroristes, dans leur phase finale », sans l’identifier ni préciser si elle appartenait à un groupe particulier. Selon l’armée, les activités de cette personne « constituaient une menace immédiate » pour les soldats israéliens.
Damas dénonce une « violation flagrante »
Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères a fustigé cette attaque, estimant qu’elle « constitue une violation flagrante de la souveraineté » de la Syrie « ainsi qu’une atteinte manifeste au droit international, et s’inscrit dans le contexte des attaques répétées d’Israël contre le territoire syrien ».
Cette frappe intervient après le bombardement mardi de la base d’Abou Dhouhour, dans le Nord-Ouest du pays. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a implicitement reconnu cette opération et affirmé que la Turquie, alliée des autorités de Damas, cherchait à y établir une présence militaire.
Le ministre israélien de la Défense attaque l’envoyé américain
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a réagi samedi aux critiques de l’envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, concernant la frappe sur Abou Dhouhour. Sur X, il a affirmé qu’Israël avait transmis des « informations de renseignement aux parties habilitées aux États-Unis » avant cette opération.
Israel Katz a jugé les critiques de Tom Barrack « pleines d’inexactitudes et de positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump ». Tom Barrack avait condamné ce bombardement mardi, accusant Israël d’« escalade inutile ». Dans un entretien accordé à l’influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a suggéré que la frappe pourrait avoir visé à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d’une manœuvre électoraliste du Premier ministre, qui aborde en position difficile les législatives du 27 octobre en Israël.
Tom Barrack a également déclaré que le plateau du Golan était « occupé » par Israël, alors que les États-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par l’État hébreu, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.
Des centaines de frappes depuis la chute d’Assad
Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis la chute, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition islamiste. Il a également déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l’ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où il revendique la mise en place d’une « zone de sécurité » qu’il entend maintenir.
Mercredi, depuis ce secteur où il s’était rendu auprès de troupes, le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, avait souligné que l’armée « surveillait l’évolution de la situation sur le front syrien » et ne laisserait « pas des forces hostiles s’implanter » aux frontières d’Israël. En novembre dernier, à Beit Jinn, les forces israéliennes avaient tué 13 Syriens lors d’une opération qui, selon elles, visait un groupe islamiste. Six soldats israéliens avaient également été blessés dans les échanges de tirs.



