La principale suspecte de l'attentat à la bombe qui a secoué Monaco en mars dernier a été retrouvée morte près de Kyiv, en Ukraine, rapportent des médias ukrainiens. La femme, âgée de 29 ans, était activement recherchée par les autorités monégasques et françaises depuis l'explosion qui avait fait deux blessés légers devant un café du quartier du Port Hercule.
Une identité confirmée par les autorités
Selon le média ukrainien Ukrainska Pravda, qui cite une source au sein des forces de sécurité ukrainiennes, la suspecte aurait été tuée lors d'une opération militaire dans la région de Kyiv. Son corps a été formellement identifié grâce à des analyses ADN, confirmant qu'il s'agissait bien de la ressortissante biélorusse de 29 ans, déjà connue des services de renseignement pour ses liens présumés avec des groupes extrémistes.
L'attentat, survenu le 15 mars 2025, avait été perpétré à l'aide d'un engin explosif artisanal déposé dans un sac à dos. L'explosion, survenue en pleine journée, avait provoqué un mouvement de panique mais n'avait fait que deux blessés légers. Les enquêteurs avaient rapidement établi que la cible était probablement un établissement fréquenté par des ressortissants russes.
Une enquête internationale
L'affaire avait pris une dimension internationale, impliquant les polices de Monaco, de la France et de l'Ukraine. Interpol avait émis un avis de recherche. La suspecte avait fui Monaco quelques heures après l'attentat, transitant par la France avant de gagner l'Ukraine. Les enquêteurs pensent qu'elle bénéficiait de complicités sur place.
« C'est un développement majeur dans cette enquête, mais la mort de la suspecte laisse de nombreuses questions en suspens », a déclaré une source proche de l'enquête, citée par le journal local Monaco-Matin. « Nous devons maintenant déterminer si elle a agi seule ou si elle faisait partie d'un réseau plus large. »
Des circonstances encore floues
Les circonstances exactes de sa mort restent à éclaircir. Selon la version ukrainienne, elle aurait été tuée alors qu'elle tentait de franchir un poste de contrôle militaire déguisée en soldat. Cependant, des sources anonymes au sein des services de sécurité ukrainiens évoquent la possibilité qu'elle ait été exécutée par ses propres complices pour éviter qu'elle ne parle.
L'ambassade de France à Kyiv a indiqué suivre l'affaire de près, tandis que le gouvernement monégasque a salué la coopération internationale qui a permis d'aboutir à cette identification. « Nous remercions les autorités ukrainiennes pour leur réactivité et leur professionnalisme », a déclaré le ministre d'État de Monaco, Pierre Dartout.
Un lien avec la guerre en Ukraine ?
Cette affaire soulève des interrogations sur les ramifications du conflit ukrainien. La suspecte, originaire de Biélorussie, aurait pu être recrutée par des groupes paramilitaires opérant en Ukraine. Selon un rapport du renseignement français, elle aurait séjourné à plusieurs reprises dans le Donbass entre 2022 et 2024. Les enquêteurs explorent la piste d'une action commanditée par des services de renseignement étrangers visant à déstabiliser Monaco, place financière réputée.
L'attentat de Monaco avait été revendiqué par un groupe inconnu, « Les Faucons de la liberté », mais les autorités avaient rapidement douté de l'authenticité de cette revendication. La mort de la suspecte pourrait compliquer l'enquête, mais les policiers continuent d'analyser les données de son téléphone portable et ses déplacements.



