Soudan : l'ONU dénonce des actes de génocide à El-Fasher par les FSR, le Kordofan en proie aux frappes
Soudan : l'ONU dénonce un génocide à El-Fasher par les FSR

Soudan : l'ONU établit des actes de génocide à El-Fasher après la prise par les FSR

La mission indépendante d'établissement des faits des Nations unies sur le Soudan a rendu public, jeudi 19 février, un rapport accablant qualifiant les exactions commises à El-Fasher d'« actes de génocide ». Cette ville du Darfour est tombée fin octobre 2025 aux mains des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), déclenchant une vague de violence systématique.

Des preuves accablantes de crimes organisés

Le document intitulé « Caractéristiques du génocide à El-Fasher » conclut que l'intention génocidaire est la seule explication raisonnable des agissements des FSR. Il détaille des meurtres ciblés sur des critères ethniques, des violences sexuelles généralisées, des destructions massives et des déclarations publiques appelant à l'élimination des communautés non arabes.

Mohamed Chande Othman, président de la mission, a souligné que l'ampleur et la coordination des crimes, soutenues par les hauts responsables des FSR, démontrent qu'il ne s'agit pas d'exactions isolées. Le rapport identifie au moins trois actes constitutifs de génocide :

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  • Le meurtre de membres d'un groupe ethnique protégé.
  • Des atteintes graves à l'intégrité physique et mentale.
  • L'imposition délibérée de conditions d'existence visant la destruction physique du groupe.

Une horreur absolue lors de l'offensive

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme estime qu'au moins 6 000 personnes ont été tuées dans les trois premiers jours de l'offensive, dont 4 400 à l'intérieur d'El-Fasher et plus de 1 600 pendant leur fuite. La mission rappelle que dix-huit mois de siège ont préalablement affaibli la population par la famine et les privations, la rendant vulnérable à l'extrême violence qui a suivi.

Joy Ngozi Ezeilo, experte de la mission, a averti que la protection urgente des civils est plus que jamais nécessaire, alors que le conflit s'étend à la région du Kordofan, vaste zone fertile et riche en pétrole devenue le front le plus disputé.

Le Kordofan, nouveau théâtre de frappes meurtrières

Dans le Kordofan voisin, les combats s'intensifient avec une recrudescence des frappes de drones. Lundi, une attaque sur un camp de déplacés a tué au moins 15 enfants, selon l'Unicef. La veille, une autre frappe sur un marché avait fait au moins 28 morts. Ces incidents soulignent la détérioration rapide de la situation humanitaire.

Réactions internationales et sanctions

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, la ministre britannique des affaires étrangères, Yvette Cooper, a qualifié les récits de « les plus bouleversants que l'on puisse imaginer ». Elle a appelé à une action unifiée pour exiger la paix, tandis que Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU, a insisté sur la nécessité d'une action forte du Conseil de sécurité.

Parallèlement, le gouvernement américain a annoncé des sanctions contre trois commandants des FSR : Elfateh Abdullah Idris Adam, Gedo Hamdan Ahmed Mohamed et Tijani Ibrahim Moussa Mohamed. Accusés d'avoir dirigé les paramilitaires à El-Fasher, ils sont visés par un gel de leurs avoirs aux États-Unis et une interdiction de transactions. Ces mesures font suite à des décisions similaires du Royaume-Uni et de l'Union européenne.

Une crise humanitaire sans précédent

Près de trois ans de guerre au Soudan ont provoqué plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné plus de 11 millions de personnes, créant ce que l'ONU décrit comme la pire crise humanitaire au monde. Mohamed Chande Othman a insisté sur l'obligation de la communauté internationale de prévenir de nouveaux actes de génocide et d'assurer la justice, avertissant que le risque persiste en l'absence de mesures efficaces.

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