Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, s'est de nouveau mis en quatre pour satisfaire le président américain lors du sommet de l'Alliance atlantique qui se déroule à Ankara les 7 et 8 juillet 2026. Les alliés européens tâcheront de démontrer à Donald Trump qu'ils ont rééquilibré leur contribution.
Un sommet sous le signe de l'humeur de Trump
Peut-être le patron de l'Otan, Mark Rutte, a-t-il grimacé au réveil mardi 7 juillet, en apprenant la déroute de « Team USA » face à la Belgique (1-4) en huitièmes de finale de la Coupe du monde de football. La bonne tenue du sommet dépend tellement de l'humeur de Donald Trump que le Néerlandais mène la chasse à tout ce qui pourrait ressembler à un motif d'insatisfaction pour le président américain.
Or ce dernier, pourtant peu féru de football, s'était personnellement impliqué dans l'avant-match en obtenant auprès de la Fifa l'annulation d'un carton rouge infligé à un attaquant américain. Un scandale inédit qui illustre deux tendances de fond : le total manque de respect de Donald Trump pour les règles régissant les instances internationales, seulement égalé par la soumission totale de ces dernières lorsqu'il s'agit de lui complaire.
Le parallèle avec l'Otan
Le parallèle avec l'Otan vient forcément à l'esprit, avec des implications plus cruciales. Au sommet de l'an dernier, à La Haye aux Pays-Bas, Donald Trump avait fait planer le doute sur son soutien à l'article 5 du traité de l'Alliance (la promesse de venir au secours d'un allié attaqué), avant d'exiger des alliés qu'ils augmentent leurs dépenses de défense.
Cette année, le président turc Recep Tayyip Erdogan, hôte du sommet, entend sortir gagnant de cette chorégraphie diplomatique. Selon des sources proches du dossier, Ankara cherche à obtenir des garanties sur la livraison d'avions de combat F-35 et sur le soutien américain dans la lutte contre les groupes kurdes en Syrie.
Les alliés européens en quête de crédibilité
De leur côté, les alliés européens espèrent convaincre Trump qu'ils ont rééquilibré leur contribution. Selon des chiffres officiels, 23 des 32 membres de l'Otan devraient atteindre l'objectif de 2% du PIB consacré à la défense en 2026, contre seulement 10 en 2023. Un effort salué par Mark Rutte, qui a déclaré : « Les Européens ont compris le message et agissent en conséquence. »
Mais Trump reste sceptique. Lors d'une conférence de presse conjointe avec Erdogan, il a réitéré ses critiques : « Certains alliés ne paient toujours pas leur juste part. C'est inacceptable. »
Le sommet d'Ankara s'annonce donc comme un test de la capacité de l'Otan à maintenir son unité face à un président américain imprévisible, tandis qu'Erdogan joue sa propre partition pour renforcer son influence régionale.



