Quatre ans après l'invasion, le silence de Poutine sur l'échec en Ukraine
Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu devant la tombe du soldat inconnu à Moscou le 23 février 2026, à l'occasion de la Journée des défenseurs de la patrie. Cet événement intervient dans un contexte particulier : quatre ans après le début de l'invasion de l'Ukraine, l'anniversaire de ce que Moscou appelle « l'opération militaire spéciale » est devenu un sujet tabou en Russie.
Une guerre qui s'éternise au-delà des prévisions
Lancée le 24 février 2022 avec l'objectif affiché de renverser rapidement le pouvoir à Kiev, cette offensive a désormais duré plus longtemps que la « Grande Guerre patriotique » qui opposa l'Union soviétique à l'Allemagne nazie entre 1941 et 1945. Pourtant, cette référence historique est constamment utilisée par la propagande du Kremlin pour justifier son action contre ce qu'il qualifie de « régime fasciste » ukrainien.
Huit décennies après l'ère stalinienne, Vladimir Poutine se garde bien d'expliquer pourquoi son « opération » s'est transformée en une guerre de position coûteuse en vies humaines, avec des gains territoriaux extrêmement limités. Le président russe continue inlassablement de parler de « victoire » imminente, sans jamais aborder les difficultés rencontrées sur le terrain.
Une popularité officielle qui masque une réalité plus complexe
Selon les chiffres du centre d'études d'opinion indépendant Levada, plus de 80% des Russes déclarent approuver l'action de Vladimir Poutine. Ce taux de popularité semble ne pas fléchir malgré les difficultés économiques et humaines engendrées par le conflit.
Cependant, ces chiffres doivent être interprétés avec une extrême prudence, comme dans tout pays où les sondages sont menés dans un climat de peur et de délation, sans véritable liberté d'expression. En l'absence d'opposition politique organisée, de critiques dans la presse indépendante, de société civile active ou de débats publics parmi les élites, cette popularité apparente cache une réalité bien différente.
Le renforcement du contrôle politique en Russie
En quatre ans de conflit, la chape de plomb imposée par le Kremlin sur la société russe s'est considérablement alourdie. Les rares voix discordantes sont systématiquement réduites au silence, tandis que le discours officiel ne laisse place à aucune remise en question de la stratégie militaire ou de ses résultats.
Cette situation contraste fortement avec les appels du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui continue de demander aux États-Unis et à ses alliés occidentaux de « rester du côté » de Kiev dans ce conflit qui dure maintenant depuis plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale sur le front de l'Est.
Alors que la Russie commémore ses défenseurs, le silence de Vladimir Poutine sur les échecs militaires en Ukraine et l'absence de débat public sur le sujet révèlent l'étendue du contrôle exercé par le Kremlin sur la société russe, quatre ans après le début d'une guerre qui a radicalement transformé la géopolitique européenne.



