Crise au Moyen-Orient : Pétrole en baisse après déclarations de Netanyahou
Le prix du pétrole affichait une baisse significative vendredi matin, reculant de plus de 2% après les déclarations du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Ce dernier a assuré que l'Iran était en passe d'être « décimé » et que la guerre prendrait fin « plus vite » que prévu initialement.
Le baril de Brent, référence internationale, se repliait de 2,55% à 105,88 dollars vers 03h40 GMT. Cette correction intervient après une hausse spectaculaire la veille, où les cours avaient bondi jusqu'à approcher les 120 dollars avant de modérer leur progression.
Escalade militaire et attaques sur les infrastructures énergétiques
Dans un contexte de tensions croissantes, une raffinerie du Koweït a été la cible d'attaques de drones vendredi matin. L'incendie s'est déclaré dans la raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC), selon l'agence de presse officielle koweïtienne.
« La raffinerie a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités », a précisé l'agence, indiquant que plusieurs unités avaient dû fermer. Cette attaque survient seulement un jour après un incident similaire sur la même infrastructure.
Benyamin Netanyahou a affirmé jeudi que les capacités stratégiques de l'Iran avaient été largement neutralisées. Lors d'une intervention télévisée, il a assuré que Téhéran ne disposait plus des moyens nécessaires pour enrichir de l'uranium ni produire des missiles balistiques, tout en confirmant la poursuite des opérations militaires jusqu'à la destruction complète des infrastructures visées.
Réactions internationales et appel à la désescalade
Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont appelé jeudi à instaurer un « moratoire » sur les frappes visant les infrastructures énergétiques et hydrauliques dans le conflit au Moyen-Orient. Les Vingt-Sept ont exhorté à une réduction immédiate des tensions, insistant sur « la désescalade et la retenue maximale » ainsi que sur « la protection des civils et des infrastructures civiles ».
Parallèlement, un groupe de six pays incluant la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon a dénoncé jeudi les frappes iraniennes visant des infrastructures énergétiques civiles dans le Golfe. Dans un communiqué commun, ces nations jugent ces attaques dangereuses pour la stabilité régionale et se disent « prêtes à contribuer » à la sécurisation du détroit d'Ornuz.
Position américaine et menaces iraniennes
Donald Trump a clarifié la position américaine jeudi, déclarant qu'il ne « déployait pas de troupes » en Iran, près de trois semaines après avoir lancé aux côtés d'Israël des frappes contre ce pays. « Non, je ne déploie pas de troupes nulle part. Si c'était le cas, je ne vous le dirais certainement pas. Mais je ne déploie pas de troupes », a affirmé le président américain.
De son côté, le régime de Téhéran a averti qu'il ne ferait preuve d'« aucune retenue » si ses infrastructures énergétiques étaient de nouveau ciblées, affirmant que sa riposte contre Israël n'a mobilisé « qu'une fraction » de sa puissance. Les frappes iraniennes se sont multipliées dans la région, touchant notamment la raffinerie de Haïfa en Israël, ainsi que des installations en Arabie saoudite et au Koweït.
Conséquences économiques et perspectives
Sur le plan économique, les répercussions du conflit se font déjà sentir à l'échelle mondiale. Le prix du pétrole poursuit sa volatilité, alimenté par les perturbations dans le détroit d'Ornuz et les attaques répétées contre les infrastructures énergétiques de la région.
Le Qatar a contesté la position iranienne, estimant que l'attaque du site gazier de Ras Laffan prouve que Téhéran ne vise pas uniquement des intérêts américains mais également ceux d'autres nations de la région. Cette intensification des attaques contre des sites énergétiques fait craindre une escalade régionale majeure avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour l'économie mondiale.
Emmanuel Macron a plaidé pour un moratoire sur les frappes visant les infrastructures énergétiques et hydrauliques, afin d'éviter une déstabilisation durable de la région et de l'économie mondiale. Alors qu'aucun signe d'apaisement ne se dessine sur le terrain, la communauté internationale reste en alerte face à cette crise aux multiples dimensions stratégiques, économiques et humanitaires.



