Deux semaines après le premier tour de l'élection présidentielle au Pérou, le résultat reste toujours incertain, plongeant le pays dans une profonde incertitude politique. Les autorités électorales peinent à départager les candidats, tandis que les accusations de fraude et les contestations se multiplient.
Un scrutin sous tension
Le premier tour, qui s'est déroulé le 11 avril, n'a pas permis de dégager un vainqueur clair. Les deux principaux candidats, Keiko Fujimori et Pedro Castillo, sont au coude-à-coude, avec moins d'un point d'écart. Le dépouillement des bulletins de vote se poursuit, mais des irrégularités ont été signalées dans plusieurs bureaux de vote, notamment dans les zones rurales.
Accusations de fraude
Le camp de Keiko Fujimori a dénoncé des "preuves irréfutables de fraude" et a demandé l'annulation de milliers de votes. De son côté, Pedro Castillo appelle à la patience et à la transparence. La mission d'observation de l'Organisation des États américains (OEA) a confirmé la présence de certaines anomalies, mais estime qu'elles ne remettent pas en cause la validité globale du scrutin.
Conséquences économiques
Cette incertitude politique a des répercussions économiques. La bourse de Lima a chuté de plus de 5% depuis le scrutin, et le sol péruvien s'est déprécié face au dollar. Les investisseurs redoutent une victoire de Castillo, candidat de gauche radicale, qui promet une refonte de l'économie et une nationalisation des ressources.
Vers un second tour
Quel que soit le résultat final, un second tour semble inévitable. Les deux camps se préparent déjà à une campagne électorale tendue. Le second tour est prévu pour le 6 juin, mais pourrait être repoussé si les contestations perdurent.
Le Pérou, déjà fragilisé par la pandémie de Covid-19 et une crise politique récurrente, retient son souffle. La population, divisée, espère une issue rapide pour éviter une nouvelle période d'instabilité.



