1er-Mai : le boulanger alésien Clément Bellegarde dénonce un flou juridique intolérable
1er-Mai : un boulanger alésien dénonce un flou juridique

À l'approche du 1er-Mai, la question du travail ce jour férié agite le monde de la boulangerie artisanale. Clément Bellegarde, boulanger à Alès, dans le Gard, exprime son mécontentement face à une situation qu'il estime floue et injuste. Selon lui, le gouvernement n'a pas apporté de solution claire, laissant les artisans dans l'incertitude.

Un flou juridique persistant

Le ministère du Travail reconnaît lui-même que les choses sont complexes, évoquant une "zone grise". Historiquement, les boulangers ont toujours ouvert le 1er-Mai, mais les autorisations n'ont pas été renouvelées depuis 2022 ou 2023. En 2024, en Vendée, une inspectrice du travail a dressé des amendes de 750 euros par salarié et 1 500 euros par apprenti. Les boulangers ont contesté et, en avril 2025, le tribunal de police a annulé les amendes, estimant un flou juridique dû à l'absence de législation claire.

La Confédération nationale de la boulangerie a alors tenté d'obtenir une proposition de loi pour sécuriser le travail des boulangers et fleuristes. Mais face à l'opposition des syndicats, le gouvernement a fait machine arrière, se contentant d'envoyer un message aux préfectures pour ne pas effectuer de contrôles. Cependant, certains préfets, comme celui de la Vendée, ont indiqué qu'ils se réservaient le droit de contrôler.

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Un combat inégal

Pour Clément Bellegarde, cette histoire illustre le rapport de force déséquilibré entre les artisans et les industriels. "C'est le pot de terre contre le pot de fer", déplore-t-il. Il craint que cette brèche ouvre la voie à la grande distribution, permettant à terme de travailler le 1er-Mai, ce qui signerait la fin de ce jour férié.

Dans le Gard, le boulanger alésien a la chance d'avoir de bons interlocuteurs à la direction du travail. Son syndicat recommande d'ouvrir, mais personnellement, il choisit de ne pas ouvrir. Il estime que le 1er-Mai doit rester un jour chômé. Il pourrait ouvrir seul, mais il ne souhaite pas faire travailler ses salariés. Selon la convention collective, les salariés doivent être payés à 100 % (donc double) et bénéficier d'un jour de repos compensatoire, ce qui revient à payer trois fois. Pour être rentable, il faudrait tripler le chiffre d'affaires, ce qui n'est pas réaliste.

Clément Bellegarde conclut : "Il n'y a pas de sécurité juridique, c'est intolérable de la part du gouvernement de jouer là-dessus." Il appelle à une clarification législative pour protéger les artisans boulangers.

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