Vladimir Poutine a affirmé jeudi 3 septembre 2026, lors de son intervention au Forum économique oriental (EEF) à Vladivostok, qu'aucune grande campagne de mobilisation militaire n'était prévue en Russie pour porter l'estocade à l'Ukraine. « À ce jour, il n'existe aucun scénario qui nécessiterait une mobilisation », a-t-il asséné, ajoutant que les forces russes ne souffrent d'aucun problème de recrutement.
Une déclaration qui contredit les informations de Kiev
Cette déclaration intervient après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé en juillet avoir reçu des « informations claires » de ses services de renseignement, selon lesquelles la Russie préparait « pour l'automne une nouvelle vague de mobilisation ». Vladimir Poutine a balayé ces allégations, les qualifiant d'« attaque informationnelle de la part de l'ennemi à la veille des élections à la Douma, avec une tentative d'influer sur leur résultat », en référence aux élections législatives prévues du 18 au 20 septembre.
Le président russe a ainsi cherché à rassurer sur la situation militaire, alors que le conflit entre dans son 1.653e jour. Ses propos interviennent dans un contexte de tensions accrues, marqué par des frappes et des contre-offensives sur le front ukrainien.
La Norvège saisit un navire russe pour une dette de 4,22 milliards de dollars
Le groupe énergétique public ukrainien Naftogaz réclame à la Russie 4,22 milliards de dollars en dédommagement d'actifs saisis lors de l'annexion de la Crimée en 2014. Cette « dette », validée par les instances internationales, a conduit la Norvège à saisir mercredi le navire russe « Professor Molchanov » dans l'Arctique, déclenchant la colère de Moscou. « Nous exigeons la libération immédiate du navire et que la sécurité des passagers et de l'équipage soit assurée », a indiqué l'ambassade de Russie en Norvège.
Cette saisie constitue une nouvelle illustration des conséquences économiques et juridiques du conflit pour la Russie, qui doit faire face à des demandes de dédommagement croissantes de la part de l'Ukraine et de ses alliés.
L'Inde appelle à la paix, Berlin ferme la Maison russe
Le Premier ministre indien Narendra Modi a prononcé lundi, en marge d'un sommet au Kirghizistan, une phrase remarquée devant Vladimir Poutine : « Chaque jour que la guerre continue, l'humanité recule, tandis que chaque pas vers la paix offre un véritable espoir. Il nous faut passer d'une guerre sans fin à la paix ». Ce jeudi, le chef de la diplomatie indienne était à Kiev, et Volodymyr Zelensky a salué la position de New Delhi : « Nous sommes reconnaissants envers l'Inde pour son engagement à mettre fin à cette guerre injuste, la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine », a-t-il indiqué sur ses réseaux sociaux.
Par ailleurs, l'Allemagne a annoncé mardi la fermeture de la Maison russe des sciences et de la culture à Berlin, en rétorsion à la découverte d'un drone chargé d'explosifs début août sur l'aéroport de Leipzig. Le député conservateur Roderich Kiesewetter a assuré sur Welt TV que cet établissement, construit en 1984 dans l'ancien Berlin-Est près de l'ambassade de Russie, servait de plateforme aux espions russes. Selon lui, plus de 100 personnes y vivent « sans que l'on sache qui elles sont » et la consommation d'électricité du bâtiment est anormalement élevée.
En représailles, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré jeudi : « Les Allemands ont ici des branches de l'Institut Goethe. À Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg. Bien sûr, elles seront fermées ». Cette escalade diplomatique entre Berlin et Moscou risque d'aggraver encore les tensions bilatérales déjà fortes depuis le début du conflit.



