Un plan américain secret pour stopper la guerre au Moyen-Orient
Alors que les échanges de tirs de missiles se poursuivent intensément ce mercredi 25 mars entre l'Iran et Israël, plus de trois semaines après le début des hostilités au Moyen-Orient, des révélations majeures émergent. Le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 ont dévoilé que Washington a transmis à Téhéran un plan détaillé en 15 points visant à résoudre le conflit. Cette information intervient dans un contexte de tensions extrêmes et de communications diplomatiques opaques.
Les exigences nucléaires et sécuritaires de Washington
Citant trois sources bien informées, Channel 12 rapporte que les États-Unis sont particulièrement désireux de sceller une trêve d'un mois avec Téhéran pour engager des discussions sérieuses sur un accord durable. Selon la chaîne israélienne, le plan américain contient des demandes précises et ambitieuses :
- L'Iran doit s'engager formellement à ne jamais se doter de l'arme nucléaire.
- Il doit cesser immédiatement tout enrichissement d'uranium.
- Les sites nucléaires sensibles de Natanz, Ispahan et Fordo doivent être démantelés sous supervision internationale.
- Téhéran doit remettre à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) son stock d'environ 450 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 %, selon un calendrier précis à convenir.
Washington souhaite également limiter de manière significative le programme de missiles iraniens, "à la fois en portée et en quantité". Le plan stipule clairement que "toute utilisation future de missiles serait limitée à l'autodéfense", une clause visant à réduire les capacités offensives de la République islamique.
Contrôle des alliés régionaux et ouverture du détroit d'Ormuz
L'un des points les plus sensibles de cette proposition américaine prévoit que Téhéran arrête "de financer, de diriger et d'armer" ses alliés régionaux, notamment le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza. Cette exigence touche au cœur de l'influence régionale de l'Iran et à ses réseaux de soutien.
Enfin, les États-Unis demandent l'établissement d'une "zone maritime libre" dans le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport pétrolier mondial, qui doit ainsi rester ouverte et sécurisée en permanence. Cette mesure vise à garantir la liberté de navigation dans une région cruciale pour l'économie globale.
Des contreparties et un mécanisme de sanctions automatiques
En échange de ces concessions majeures, l'Iran pourrait bénéficier d'une levée progressive des sanctions internationales qui étouffent son économie depuis des années. Le plan prévoit également un soutien technique et financier pour son programme nucléaire civil, à condition qu'il reste strictement pacifique.
Cependant, Washington a inclus un mécanisme de "réimposition automatique des sanctions" si Téhéran venait à violer les termes de l'accord conclu. Cette clause de sécurité vise à garantir le respect des engagements et à éviter tout retour en arrière.
Transmission via le Pakistan et démentis iraniens persistants
Ce plan en 15 points, dont l'existence a été confirmée à Reuters par une source diplomatique, a été transmis à Téhéran par l'entremise du Pakistan, pays qui entretient des relations correctes avec les deux parties belligérantes. Le Pakistan s'est d'ailleurs déclaré mardi disposé à accueillir de potentiels pourparlers de paix, son Premier ministre Shehbaz Sharif affirmant sur les réseaux sociaux qu'Islamabad soutenait pleinement les efforts en cours pour poursuivre le dialogue et stopper le conflit.
Problème majeur : l'Iran a de nouveau démenti catégoriquement ce mercredi que des négociations étaient en cours avec la Maison-Blanche. Les autorités iraniennes ont même déclaré que les États-Unis "négociaient avec eux-mêmes". "Votre lutte intérieure en est-elle arrivée au point où vous négociez avec vous-même ?", a demandé avec ironie Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du commandement central de l'armée iranienne, cité par les médias d'État. "Nous ne pourrons jamais nous entendre avec des gens comme vous. Comme nous l'avons toujours répété, aucun d'entre nous ne peut conclure d'accord avec vous. Ni maintenant, ni jamais", a-t-il ajouté avec fermeté.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a lui aussi réitéré dans un entretien accordé à la chaîne India Today l'absence totale de dialogue avec Washington. Il a précisé que les forces armées de son pays se concentraient exclusivement sur la défense du territoire national. Baghaei a rappelé que l'Iran avait eu une "très mauvaise expérience avec la diplomatie américaine", faisant référence aux pourparlers sur le nucléaire iranien menés le mois dernier sous médiation omanaise, qui ont été suivis moins de deux jours plus tard par l'opération "Fureur épique" menée par les États-Unis et Israël en Iran, entraînant la mort du guide suprême Ali Khamenei dès le premier jour.
Déjà lundi, l'Iran avait contredit les déclarations de Donald Trump, qui avait annoncé que des échanges "très positifs et fructueux" étaient en cours et assuré que "des points d'accord majeurs" avaient été dégagés. Le président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf avait alors dénoncé une volonté manifeste de manipuler les cours du pétrole à des fins économiques.
Alors que les combats continuent de faire rage, ce plan américain révélé reste donc pour l'instant lettre morte, face au refus catégorique de Téhéran de s'engager dans des négociations directes. La situation demeure extrêmement tendue, avec peu de perspectives immédiates de désescalade.



