Népal : l'ex-Premier ministre Oli en garde à vue après les émeutes meurtrières
Népal : l'ex-PM Oli en garde à vue après les émeutes

Népal : vague d'arrestations dans l'enquête sur les émeutes meurtrières de septembre

Un peu plus de sept mois après les violentes émeutes qui ont secoué le Népal, l'ancien Premier ministre KP Sharma Oli a été présenté ce dimanche à un juge, au lendemain de son arrestation. Cette interpellation s'inscrit dans le cadre de l'enquête sur l'insurrection meurtrière qui avait conduit à sa démission l'an dernier. Parallèlement, un autre ancien ministre de son gouvernement a également été appréhendé, marquant une escalade judiciaire significative.

L'ex-Premier ministre et son ancien ministre de l'Intérieur en garde à vue

Samedi à l'aube, KP Sharma Oli, âgé de 74 ans, et son ancien ministre de l'Intérieur Ramesh Lekhak ont été interpellés par les autorités. Ils doivent être interrogés sur leur responsabilité présumée dans la répression des émeutes des 8 et 9 septembre dernier, des événements qui se sont soldés par la mort d'au moins 76 personnes et plus de 2.600 blessés selon le bilan officiel.

Les deux hommes ont été présentés ce dimanche à un juge de Katmandou, qui doit se prononcer sur la prolongation de leur détention pour les besoins de l'enquête. « Les auditions sont terminées mais la décision n'a pas encore été rendue », a déclaré Deepak Kumar Shrestha, porte-parole du tribunal de la capitale népalaise.

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En raison de son état de santé fragile, KP Sharma Oli est actuellement en garde à vue dans un hôpital de Katmandou. Il a été entendu par le magistrat via visioconférence. Ses avocats ont déjà déposé une demande de remise en liberté devant la Cour suprême, qui doit examiner ce recours dès lundi, selon Arjun Prasad Koirala, porte-parole de la plus haute instance judiciaire du pays.

Une troisième arrestation pour blanchiment d'argent

Dans la matinée de dimanche, une troisième personnalité politique a été interpellée : Deepak Khadka, ancien ministre de l'Énergie dans le gouvernement d'Oli. Son arrestation intervient dans le cadre d'une enquête distincte pour blanchiment d'argent, ouverte après la découverte d'importantes sommes d'argent liquide à son domicile pendant les émeutes de septembre.

« Il a été arrêté ce matin dans un dossier de blanchiment d'argent », a confirmé Shiv Kumar Shrestha, porte-parole de la police judiciaire népalaise, sans fournir davantage de détails sur les investigations en cours. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Sudan Gurung, a personnellement annoncé cette arrestation.

Le contexte politique : un nouveau gouvernement déterminé

Cette vague d'arrestations intervient dans la foulée de l'entrée en fonction, vendredi, du nouveau gouvernement dirigé par Balendra Shah, le rappeur de 35 ans devenu maire de Katmandou et grand vainqueur des législatives du 5 mars. L'équipe gouvernementale fraîchement installée semble déterminée à poursuivre les responsables des violences de septembre.

Une commission d'enquête nommée par les autorités de transition a publié un rapport cette semaine, recommandant expressément des poursuites pénales contre KP Sharma Oli, Ramesh Lekhak et l'ancien chef de la police. Le nouveau ministre de l'Intérieur Sudan Gurung, figure majeure des manifestations de septembre, a justifié samedi la décision du gouvernement de suivre ces recommandations.

« Personne n'est au-dessus de la loi », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. « Ce n'est pas une vengeance contre qui que ce soit, juste le début de la justice. »

Réactions politiques et tensions dans les rues

Le Parti communiste népalais (CPN-UML) de l'ancien Premier ministre a vivement réagi, qualifiant l'arrestation d'Oli de « vengeance politique » et appelant ses partisans à manifester pour exiger sa libération immédiate. Des centaines de sympathisants se sont rassemblés ce dimanche dans les rues de Katmandou, où de brefs affrontements ont éclaté avec les forces de l'ordre.

Tejila Thapa, un partisan de KP Sharma Oli âgé de 44 ans, a exprimé son inquiétude : « Le nouveau Premier ministre a pris une décision hâtive qui pourrait plonger le pays dans la confrontation. C'est une très mauvaise décision qui doit être corrigée. »

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Cette série d'arrestations marque un tournant judiciaire majeur au Népal, où l'impunité des responsables politiques était souvent dénoncée. Les prochains jours seront déterminants pour l'évolution de cette affaire sensible, qui pourrait influencer durablement l'équilibre politique du pays himalayen.