Netanyahou et la guerre contre l'Iran : un remodelage du Moyen-Orient par la force
Netanyahou et la guerre contre l'Iran : remodelage du Moyen-Orient

Netanyahou et la guerre contre l'Iran : un remodelage du Moyen-Orient par la force

Depuis le 28 février, Benyamin Netanyahou espère parachever son projet de remodelage du Moyen-Orient par la guerre. L'attaque massive contre l'Iran est certes conduite avec les États-Unis, mais l'État hébreu escompte en être le principal bénéficiaire. Il entend briser une fois pour toutes son principal ennemi et conforter son hégémonie sur l'ensemble de la région.

Un objectif poursuivi depuis des décennies

Le premier ministre israélien ne rompt avec aucune de ses promesses de campagne, à l'inverse de Donald Trump, en pilonnant Téhéran. Au contraire, il s'agit d'un objectif poursuivi depuis des décennies. Cette attaque brutale est conduite au mépris du droit international et elle donne lieu à des crimes de guerre, quelle que soit par ailleurs la détestation que suscite légitimement un régime iranien fauteur de troubles régionaux et oppresseur de son peuple.

Son impact est d'ores et déjà mondial. Plus elle durera et plus elle pèsera sur des pays qui n'ont pourtant rien à voir avec ce conflit. La facilité avec laquelle l'armée israélienne a pris graduellement le contrôle de l'espace aérien iranien au cours de trois vagues d'affrontements successives, d'avril 2024 au 28 février, a mis en évidence les faiblesses de la République islamique.

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La supériorité militaire israélienne et américaine

Cette écrasante supériorité de l'armée israélienne et de celle de la première puissance militaire du monde laisse peu de doute sur l'issue du conflit : le régime iranien finira par être défait militairement, mais à quel prix pour la région ? Et pour quels résultats ? Cette guerre intervient après que des milliers de tonnes de bombes ont déjà été déversées par Israël sur Gaza, le Liban et la Syrie, après les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas palestinien.

La paix, elle, reste plus illusoire que jamais. Dans le discours israélien, toutes les guerres sont présentées comme existentielles. Dans les faits, elles le sont de moins en moins pour l'État hébreu et de plus en plus pour sa périphérie, car l'hégémonie qu'entend mettre en place Israël depuis plus de deux ans ne se reconnaît que des droits et aucun devoir.

Impunité et fragmentation régionale

Ses guerres s'accompagnent d'hécatombes et de ruines avec, comme perspective, la volonté de fragmenter et d'affaiblir tout ce qui peut l'être. Gaza en a été, et en reste, le banc d'essai, comme la Cisjordanie occupée, désormais la cible d'une terreur imposée par les colons israéliens avec la complicité de l'armée. La règle vaut aussi pour le Liban comme pour la Syrie, pilonnée massivement dès le renversement de Bachar Al-Assad.

Dans cette « pax hebraica » qui n'est pas la paix et encore moins la justice, un cessez-le-feu n'est que la continuité de la guerre sous une autre forme et chaque occasion est mise à profit pour accroître le contrôle de territoires par Israël, pour son seul bénéfice, en toute impunité et avec le soutien actif de Washington.

L'absence de perspective politique et diplomatique

Cette incapacité, ou cette absence de volonté de l'État hébreu de faire en sorte que ses victoires militaires s'accompagnent de véritables « jours d'après » politiques et diplomatiques, pèse sur le conflit imposé à l'Iran. Car elle fait de la guerre l'unique horizon, sans issue durable pour la stabilité du Moyen-Orient. Les conséquences de cette stratégie agressive se répercutent déjà au-delà des frontières immédiates, affectant des nations sans lien direct avec le conflit.

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