Cinq pays européens accusent le Kremlin du meurtre d'Alexeï Navalny par empoisonnement
Navalny : cinq pays européens accusent le Kremlin d'empoisonnement

Cinq puissances européennes pointent du doigt le Kremlin dans la mort d'Alexeï Navalny

Les doutes persistants entourant la mort de l'opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, le 16 février 2024, ont été levés par une accusation formelle de cinq pays européens. Dans un communiqué conjoint publié ce samedi 14 février, la France, la Grande-Bretagne, la Suède, l'Allemagne et les Pays-Bas ont déclaré que le politicien russe a été empoisonné par le Kremlin. Les analyses d'échantillons du corps d'Alexeï Navalny ont confirmé la présence d'épibatidine, un poison trouvé sur certaines grenouilles d'Amérique du Sud et absent du cercle Arctique en Russie, où l'opposant était détenu.

Une accusation soutenue par des preuves scientifiques

Après ces conclusions, la Russie a été signalée à l'Organisation sur l'interdiction des armes chimiques. "Le mépris répété de la Russie pour le droit international et la Convention sur les armes chimiques est clair", affirme la déclaration commune. Selon le communiqué, "seul l'État russe avait les moyens, le motif et l'opportunité de déployer cette toxine mortelle pour cibler Navalny pendant son emprisonnement en Sibérie, et nous le tenons responsable de sa mort." Cette accusation a été reprise par la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, lors de la Conférence de sécurité de Munich.

Réactions internationales et condamnations

Préoccupés par le fait que la Russie n'ait pas détruit toutes ses armes chimiques, les cinq pays se sont engagés à utiliser "tous les leviers politiques à leur disposition pour continuer à demander des comptes à la Russie." Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a commenté sur X : "Nous savons désormais que Vladimir Poutine est prêt à utiliser l’arme bactériologique contre son propre peuple pour se maintenir au pouvoir", rendant hommage à Navalny, "tué pour son combat en faveur d’une Russie libre et démocratique." Yvette Cooper a ajouté que les conclusions "mettaient en lumière le complot barbare du Kremlin de faire taire sa voix."

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Le soutien de la famille et les précédents d'empoisonnement

Yulia Navalnaya, la veuve de l'opposant, qui avait déjà affirmé en septembre dernier que des traces de poison avaient été retrouvées lors de l'autopsie, a applaudi l'initiative des cinq pays sur X : "Vladimir Poutine est un meurtrier. Il doit répondre de tous ses crimes." Sans surprise, le gouvernement russe a nié toute responsabilité. Pourtant, Alexeï Navalny avait déjà été victime d'un empoisonnement par le Kremlin le 20 août 2020, lors d'un vol entre Tomsk et Moscou, nécessitant une hospitalisation d'urgence et un transfert à Berlin.

Un parcours marqué par la répression politique

Après son rétablissement, Navalny avait décidé de retourner en Russie, où il a été arrêté le 17 janvier 2021 et condamné à 19 ans de prison, une peine jugée "uniquement motivée politiquement" par Amnesty International. Détenu d'abord à Pokrov, il a été déplacé en 2023 au nord du cercle polaire arctique, où il est décédé. Après sa mort, les autorités russes ont refusé pendant plusieurs jours de remettre la dépouille à ses proches, alimentant les soupçons d'un meurtre déguisé en mort naturelle.

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