Navalny : cinq pays européens accusent Moscou d'empoisonnement à une toxine rare
Navalny : cinq pays accusent Moscou d'empoisonnement

Une accusation conjointe de cinq puissances européennes

Dans une déclaration conjointe rendue publique en marge de la conférence de Munich sur la sécurité, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont formellement accusé Moscou d'avoir empoisonné l'opposant russe Alexeï Navalny avec une toxine rare. « Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas sont convaincus qu'Alexeï Navalny a été empoisonné avec une toxine létale », ont-ils affirmé collectivement, pointant directement la responsabilité du gouvernement russe.

Le décès controversé d'un symbole de l'opposition

Charismatique militant anticorruption et farouche opposant à l'invasion russe de l'Ukraine lancée en 2022, Alexeï Navalny est décédé en février 2024 à l'âge de 47 ans dans des circonstances troubles. Sa mort est survenue dans une colonie pénitentiaire en Arctique, où il purgeait une peine de 19 ans d'emprisonnement pour des accusations qu'il dénonçait comme étant politiques. Après son décès, les autorités russes ont refusé pendant plusieurs jours de remettre son corps à ses proches, alimentant les soupçons de ses partisans qui accusent le pouvoir de l'avoir « tué » et de chercher à dissimuler son meurtre. Des accusations que le Kremlin a catégoriquement démenties.

L'identification d'une toxine mortelle

Le Foreign Office britannique a fourni des détails techniques accablants, expliquant qu'un « travail constant et collaboratif a confirmé, par des analyses de laboratoire, que la toxine mortelle présente dans la peau des grenouilles-dards d'Équateur (l'épibatidine) a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d'Alexeï Navalny ». Les autorités affirment que cette toxine a « très probablement entraîné sa mort ». Londres a annoncé son intention de signaler cet empoisonnement à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), le qualifiant de « violation flagrante par la Russie » de sa convention, et appelle Moscou « à cesser immédiatement cette activité dangereuse ».

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La réaction de la veuve et la position britannique

La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré sans ambages : « Seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l'occasion d'utiliser cette toxine létale contre Alexeï Navalny durant son emprisonnement en Russie ». Elle a ajouté : « Aujourd'hui, aux côtés de sa veuve, le Royaume-Uni met en lumière le projet barbare du Kremlin visant à faire taire sa voix ».

De son côté, Ioulia Navalnaïa, la veuve de l'opposant, a réagi avec émotion, affirmant que l'« assassinat » de son mari est désormais « prouvé par la science ». Elle a rappelé : « Il y a deux ans […] je suis venue sur scène et j'ai dit 'Vladimir Poutine a tué mon mari' […] Et aujourd'hui ces mots sont devenus un fait prouvé par la science ». Déjà en septembre dernier, elle avait déclaré que son mari avait été « empoisonné », une thèse que cette annonce conjointe vient étayer avec des preuves scientifiques.

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