Dans la nuit de samedi à dimanche, Moscou a essuyé une attaque massive de 600 drones, tandis que Kiev était la cible de missiles balistiques. Chaque capitale a enregistré trois blessés, et le bilan total s'élève à six morts : trois dans la région russe de Rostov et trois en Ukraine, dont deux dans la région de Zaporijjia et un à Kryvyï Rig.
Une attaque d'une ampleur rare sur Moscou
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a fait état d'au moins trois blessés dans la capitale russe. Sur les 600 drones identifiés comme se dirigeant vers Moscou, 201 ont été abattus dans la région entourant directement la ville, a-t-il précisé sur la messagerie russe Max.
Cette attaque intervient alors que l'armée ukrainienne intensifie ses frappes à longue portée contre le territoire russe, visant de plus en plus fréquemment la capitale, qui était auparavant plus épargnée que les régions frontalières.
Kiev de nouveau sous les missiles balistiques
En Ukraine, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a confirmé une nouvelle attaque aux missiles balistiques sur la capitale. Une journaliste de l'AFP a entendu des explosions peu avant 3 heures locales (minuit GMT), alors qu'une alerte aérienne avait été déclenchée. L'administration militaire de Kiev a recensé trois blessés, et les services de secours ont signalé un important incendie dans un marché.
Depuis le début de l'offensive russe en février 2022, Kiev a été moins touchée que les régions de l'est, mais ces derniers mois, la ville est redevenue une cible privilégiée des frappes russes, avec des bombardements massifs utilisant des missiles balistiques et de croisière.
Un drone abattu en Roumanie et l'axe Pyongyang-Moscou
Par ailleurs, un drone entré dans l'espace aérien roumain, près des frontières avec l'Ukraine et la Moldavie, a été abattu dimanche par un avion de combat espagnol en mission dans ce pays de l'Otan, a indiqué le ministère roumain de la Défense. L'interception a été effectuée par un F18 à 5 h 01 locales (2 h 01 GMT). La Roumanie, pays de 19 millions d'habitants, est devenue l'un des États les plus exposés aux conséquences de la guerre en Ukraine parmi les membres de l'Alliance atlantique.
Parallèlement, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s'est dit « fier » de sa relation avec la Russie dans une lettre envoyée au président Vladimir Poutine, a rapporté dimanche l'agence officielle de Pyongyang. La Corée du Nord s'est engagée aux côtés de la Russie en envoyant des troupes et de l'armement. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment accusé Pyongyang de se préparer à envoyer entre 30 000 et 50 000 soldats supplémentaires, sans préciser l'origine de ces chiffres ni de potentiel calendrier. Mardi, il a également affirmé que la Russie avait mené des frappes meurtrières avec des missiles balistiques nord-coréens.
Un conflit de plus en plus meurtrier
Ces frappes montent en puissance des deux côtés du front, quatre ans et demi après l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine, dans ce qui est devenu le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon un rapport de la Mission de surveillance des droits de l'Homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU), le mois dernier a été le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis mai 2022, avec 437 morts et 2 610 blessés. La capitale ukrainienne a particulièrement payé un lourd tribut avec au moins 54 morts et 202 blessés.
Début août, une série de frappes sur Kiev avait fait au moins 17 morts dans la ville et sa région, sans que l'Ukraine, confrontée à une pénurie d'intercepteurs, ne parvienne à abattre un seul missile russe. Cette nouvelle escalade souligne la fragilité de la situation et l'impact croissant sur les populations civiles des deux côtés.



