Mojtaba Khamenei succède à son père comme guide suprême iranien
Mojtaba Khamenei, l'une des personnalités les plus influentes de la République islamique d'Iran, a officiellement succédé à son père, l'ayatollah Ali Khamenei, comme guide suprême du pays. Cette nomination historique intervient dans un contexte de guerre régionale intense avec Israël et les États-Unis, qui dure depuis neuf jours.
Une succession rapide et solennelle
Le religieux de 56 ans, considéré comme proche des conservateurs et des Gardiens de la Révolution, a été choisi par l'Assemblée des experts, un collège de 88 membres du clergé chiite. L'annonce a été faite dimanche 8 mars dans un communiqué officiel lu solennellement à la télévision d'État, tandis qu'une photo de Mojtaba Khamenei apparaissait à l'écran.
Les Gardiens de la Révolution ont immédiatement prêté allégeance au nouveau guide suprême, qui succède à son père au pouvoir depuis 1989. Ali Khamenei a été tué le 28 février lors de l'offensive américano-israélienne qui a également visé d'autres hauts dignitaires iraniens.
Réactions internationales immédiates
Israël a déjà annoncé que le nouveau guide suprême serait "une cible", soulignant les tensions persistantes. Donald Trump, quant à lui, a averti que Mojtaba Khamenei "ne tiendra pas longtemps" sans son aval, revendiquant un droit de regard sur cette succession.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a réaffirmé que le choix du successeur incombe exclusivement au "peuple iranien" et à "personne d'autre", rejetant toute ingérence étrangère.
Un contexte de guerre dévastatrice
La désignation du nouveau guide survient alors que l'Iran subit d'intenses frappes aériennes. Dimanche après-midi, des explosions ont été entendues à Téhéran, où un voile noir enveloppe la capitale. L'armée israélienne a frappé plusieurs réservoirs de carburant et le QG de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution.
Les conséquences humanitaires sont graves :
- Plus de 1.200 personnes tuées selon le ministère iranien de la Santé
- Plus de 10.000 civils blessés
- Distribution d'essence limitée à 20 litres par véhicule
- Files d'attente interminables dans les stations-service
Une habitante témoigne : "L'air est devenu irrespirable. Nous ne voulions pas qu'ils bombardent nos richesses nationales pour nous rendre encore plus pauvres."
Extension régionale du conflit
Le conflit s'étend bien au-delà des frontières iraniennes :
- Au Liban, Beyrouth a été touchée par une frappe sur un hôtel, faisant 394 morts selon les autorités
- Les États-Unis ont annoncé la mort d'un septième militaire américain dans le Golfe
- Le Koweït et Bahreïn ont signalé des frappes sur leurs infrastructures
- L'Arabie saoudite a été visée par des attaques de drones
Le détroit d'Ormuz, voie cruciale pour 20% de la production mondiale de pétrole, est au centre des inquiétudes. La Ligue arabe a qualifié les attaques iraniennes d'"irresponsables", tandis que la Chine et la Russie restent en retrait malgré leurs liens avec Téhéran.
Cette succession à la tête de l'Iran intervient donc dans un contexte de crise régionale majeure, où les enjeux de pouvoir se mêlent aux réalités d'une guerre dévastatrice pour les populations civiles.



