Paris en ébullition après la mort du guide suprême iranien
Ce dimanche 1er mars 2026, plusieurs milliers de personnes ont envahi les rues de Paris pour exprimer leur position face à la République islamique d'Iran, dans un contexte marqué par la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. Le guide suprême a été tué lors de frappes conjointes des États-Unis et d'Israël, survenues samedi soir, plongeant la région dans une incertitude profonde.
Un cortège divisé entre espoir et condamnation
Le défilé, reliant la place de la Bastille à la station Pyramides dans le 1er arrondissement, a vu défiler des manifestants aux opinions diamétralement opposées. D'un côté, des anti-régime brandissaient des drapeaux de la monarchie iranienne, dits Lion et soleil, ainsi que des étendards israéliens, américains et français. Une banderole proclamant Iran, vie, liberté avec Reza Pahlavi, héritier du shah, ouvrait la marche, tandis qu'une autre affichait Make Iran Great Again avec les portraits de la dynastie Pahlavi.
Les slogans résonnaient dans les rues parisiennes : Non à la République islamique terroriste en Iran et Un soleil de liberté embrasse les cheveux des femmes iraniennes. Pour Suzie Ziai, une Iranienne installée en France depuis 1980, cet événement symbolise un tournant : Le guide suprême est mort, on est très content car c'est le début de la fin. Elle exprime son espoir en une transition menée par le prince héritier, tout en reconnaissant que le choix final revient aux Iraniens.
Des voix qui célèbrent et d'autres qui dénoncent
Rama Ekhtiari, 44 ans, née à Téhéran, est venue en famille pour fêter la mort de Khamenei. Elle affirme sa confiance en Israël et aux États-Unis pour abattre le régime, malgré les risques pour les civils. Ce qui est plus dangereux, ce ne sont pas les bombes israéliennes, ce sont les Gardiens de la Révolution qui tuent les gens en Iran, argue-t-elle, soulignant la répression interne.
Cependant, place de la République, quelques centaines de manifestants ont condamné les frappes israélo-américaines, les jugeant contraires au droit international. Behrooz Farahany, un Franco-Iranien de 67 ans, a déclaré : Nous condamnons l'intervention israélienne et américaine, ainsi que la République islamique pour ses provocations et sa répression féroce. Il insiste sur le fait que le renversement du gouvernement doit être l'œuvre des Iraniens eux-mêmes.
Des craintes pour l'avenir de l'Iran
Batoul Arasteh, 75 ans, tenant un drapeau Femmes Vie Liberté, partage ces inquiétudes. Elle déplore la mort de 140 enfants lors des frappes et craint que l'Iran ne sombre dans un chaos similaire à celui de la Syrie ou de l'Irak. C'est le peuple iranien qui décide, affirme-t-elle, tout en exprimant son angoisse pour ses proches restés au pays, dont elle est sans nouvelles depuis vendredi.
Ces manifestations parisiennes reflètent les divisions profondes au sein de la diaspora iranienne et les enjeux géopolitiques complexes soulevés par la mort de Khamenei. Alors que certains voient une opportunité de changement, d'autres redoutent une escalade violente, mettant en lumière les défis à venir pour la stabilité régionale et le destin du peuple iranien.



