Un entrepreneur libanais au cœur de la reconstruction post-conflit
Dans le village de Kfar Kila, situé dans la zone frontalière du sud du Liban avec Israël, les ruines témoignent encore des destructions causées par l'armée israélienne durant le conflit de 2024. Le 8 février 2026, un soldat libanais arpente ces décombres, symbole d'une région meurtrie.
Riad Al-Assaad : de l'engagement militaire à la reconstruction civile
Riad Al-Assaad, 67 ans, est un entrepreneur dans la construction, ingénieur et expert en infrastructures. Il partage son temps entre Beyrouth et son village de Zrariyé, près de Sour, dans le sud du Liban. Dans le cadre d'un projet mené en collaboration avec l'université américaine de Beyrouth, il participe activement à la réflexion sur le recyclage des gravats générés par la guerre entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah, qui s'est déroulée du 23 septembre 2024 au 27 novembre 2024.
Engagé en politique, il a été plusieurs fois candidat indépendant aux élections législatives. Dans sa jeunesse, il a, comme d'autres Libanais de sa génération, pris les armes contre l'occupation israélienne du sud du pays. Il a servi au sein de la milice chiite Amal pendant quatre ans, de 1983 à 1987, avant de rompre avec le groupe.
Une situation de "drôle de guerre" dans le Sud libanais
Riad Al-Assaad témoigne de la situation qui prévaut dans le Sud, qui reste bombardé à intervalles réguliers par l'armée israélienne, malgré le cessez-le-feu, tout théorique, proclamé fin novembre 2024. Il décrit l'état d'esprit des habitants : "Ils sont fatigués et anxieux car l'avenir est incertain. Ils vivent une situation de 'drôle de guerre', il n'y a pas de paix ni de guerre totale."
Les civils savent qu'ils peuvent être tués ou perdre leur logement à tout moment. L'armée israélienne affirme cibler le Hezbollah, mais les Nations unies recensent au moins 130 morts civils au Liban depuis le cessez-le-feu. En parallèle, les habitants essaient de mener une vie normale, malgré cette précarité constante.
Un déplacement massif et des défis humanitaires
La situation humanitaire reste préoccupante. Entre 100 000 et 120 000 habitants de la zone frontalière restent déplacés hors de leurs villages, incapables de retourner chez eux en raison des risques persistants. Ce déplacement massif ajoute une couche de complexité aux efforts de reconstruction et de stabilisation de la région.
Le projet de recyclage des gravats, auquel participe Riad Al-Assaad, représente une lueur d'espoir dans ce contexte difficile. Il vise non seulement à déblayer les ruines, mais aussi à transformer les déchets de guerre en ressources utiles pour la reconstruction, symbolisant une résilience face aux destructions.



