L'Ukraine, experte contre les drones Shahed, suscite l'intérêt des alliés face à l'Iran
L'expertise ukrainienne contre les drones Shahed intéresse les alliés

L'Ukraine, experte contre les drones Shahed, suscite l'intérêt des alliés face à l'Iran

Une semaine après le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, les drones kamikazes Shahed envoyés par Téhéran continuent de pleuvoir à un rythme inédit sur Israël et les pays de la région. Plus de 2 000 de ces engins low cost, à environ 35 000 dollars pièce, auraient déjà été lancés, selon les Gardiens de la Révolution. Face à ce déluge de feu sans précédent, Washington et ses alliés portent un intérêt croissant à l'Ukraine, qui, à plus de 2 000 kilomètres de là, a acquis une expérience unique pour les neutraliser.

Une demande croissante pour les drones intercepteurs ukrainiens

Cette semaine, le Pentagone et au moins trois monarchies du Golfe – l'Arabie saoudite, les Émirats et le Qatar – ont évoqué avec des industriels ukrainiens de l'armement la possibilité d'acheter des drones intercepteurs. Ces petits aéronefs, conçus spécifiquement pour détruire les Shahed, présentent un coût bien inférieur aux millions de dollars des munitions utilisées par les batteries Patriot et autres systèmes de défense antiaérienne.

Le prix d'un drone intercepteur ukrainien tourne autour de 2 000 dollars, explique Mykhailo Gonchar, président de l'institut ukrainien Centre for Global Studies Strategy XXI. C'est infiniment moins cher que toutes les défenses actuellement utilisées contre l'Iran. Ils permettent aussi de préserver les précieuses munitions des batteries Patriot pour les cibles de haute valeur, comme les missiles balistiques ou de croisière.

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L'expérience unique de l'Ukraine

L'Ukraine, qui revendique un taux d'interception des Shahed de 90 %, possède des arguments solides. Aucun autre pays ni aucune autre armée ne possède actuellement les tactiques, techniques et procédures nécessaires pour gérer des attaques massives de drones, souligne Lesia Orobets, fondatrice de l'ONG ukrainienne Price of Freedom. Nous avons bâti ces capacités de toute pièce, en les perfectionnant au fil de quatre années de guerre intense.

Volodymyr Zelensky a confirmé avoir été approché par Washington et les dirigeants du Qatar, des Émirats, de Bahreïn, du Koweït et de la Jordanie pour discuter d'une coopération. Il a donné des instructions pour fournir les moyens nécessaires et assurer la présence de spécialistes ukrainiens auprès des pays concernés.

Un enjeu diplomatique et stratégique

Cette situation offre à l'Ukraine une opportunité diplomatique, notamment pour améliorer ses relations avec Donald Trump, qui s'est dit prêt à accepter toute aide. Mais au-delà, l'Ukraine, qui a cruellement besoin de missiles Patriot pour contrer les attaques de Moscou, s'inquiète de voir les stocks de ces engins se vider rapidement au Moyen-Orient.

Lors d'un point presse le 5 mars, Volodymyr Zelensky a révélé qu'en trois jours de combats au Moyen-Orient, plus de 800 missiles Patriot avaient été utilisés – soit davantage que ce que l'Ukraine a reçu en quatre ans de guerre. Il a suggéré que son pays pourrait fournir des drones intercepteurs en échange de ces munitions. La production de nouveaux missiles intercepteurs utilisés par les systèmes Patriot est longue et coûteuse, rappelle Mykhailo Gonchar. Il est donc essentiel d'utiliser des armes adaptées pour détruire les Shahed.

D'autant que Téhéran pourrait encore, selon certaines estimations, avoir des milliers de drones Shahed en réserve, rendant cette coopération plus cruciale que jamais pour la sécurité régionale.

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