Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Badr al-Boussaidi, ministre des Affaires étrangères d'Oman, a livré une analyse sans concession de la situation au Moyen-Orient. « La guerre contre l'Iran a révélé à quel point la politique d'endiguement était un mythe », a-t-il affirmé, remettant en cause l'efficacité des stratégies occidentales menées depuis des décennies.
Une politique remise en question
Selon le chef de la diplomatie omanaise, la politique d'endiguement, qui visait à isoler et à affaiblir l'Iran, a échoué. « Cette approche n'a pas empêché l'Iran de développer ses capacités militaires et d'étendre son influence régionale », a-t-il expliqué. Badr al-Boussaidi a souligné que le conflit a montré les limites de cette stratégie, qui a plutôt renforcé la détermination de Téhéran. « L'endiguement a créé un sentiment de siège, ce qui a poussé l'Iran à adopter des postures plus dures », a-t-il ajouté.
Les conséquences de l'échec
Le ministre omanais a également évoqué les conséquences de cet échec sur la sécurité régionale. « La guerre a déstabilisé l'ensemble du Moyen-Orient, et les pays voisins en paient le prix », a-t-il déclaré. Il a notamment cité l'augmentation des tensions dans le golfe Persique et les attaques contre des infrastructures pétrolières. « En 2023, les attaques contre des installations pétrolières en Arabie saoudite ont augmenté de 40 % par rapport à l'année précédente », a-t-il précisé, illustrant l'impact direct de la politique d'endiguement.
Une alternative nécessaire
Badr al-Boussaidi a plaidé pour une approche diplomatique renouvelée. « Il est temps de reconnaître que l'endiguement n'a pas fonctionné et de chercher des solutions inclusives », a-t-il insisté. Il a proposé un dialogue régional incluant l'Iran, l'Arabie saoudite et d'autres acteurs clés. « Oman est prêt à jouer un rôle de médiateur, comme nous l'avons fait par le passé », a-t-il ajouté, rappelant le rôle d'Oman dans les négociations sur le nucléaire iranien.
Un appel à la communauté internationale
Le ministre a également interpellé la communauté internationale, en particulier les États-Unis et l'Europe. « Les grandes puissances doivent comprendre que la sécurité au Moyen-Orient ne peut être garantie par la force seule », a-t-il affirmé. Il a souligné que la guerre a coûté des milliards de dollars et des milliers de vies, sans apporter de solution durable. « Selon des estimations récentes, le conflit a causé plus de 200 000 morts et des dégâts matériels de plus de 500 milliards de dollars », a-t-il révélé.
L'avenir des relations régionales
Badr al-Boussaidi s'est montré prudent quant à l'avenir, mais optimiste. « Les peuples de la région aspirent à la paix et à la stabilité. Il est de notre responsabilité de répondre à cette aspiration », a-t-il conclu. Il a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à l'ouverture de négociations sans conditions préalables. « Oman continuera d'œuvrer pour une solution pacifique, car c'est la seule voie viable », a-t-il déclaré.



