Kremlin rejette l'enquête européenne sur la mort de Navalny, deux ans après
Kremlin rejette enquête sur mort de Navalny, deux ans après

Le Kremlin persiste à nier toute responsabilité dans la mort de Navalny

Deux ans après la mort d'Alexeï Navalny, le principal opposant russe, le Kremlin maintient son refus catégorique des accusations internationales. Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine, a déclaré lors de son briefing quotidien, le 16 février 2026, que les conclusions de l'enquête européenne étaient « biaisées et infondées », les rejetant fermement. Cette réaction intervient alors que cinq pays européens, dont la France, ont pointé du doigt l'État russe comme principal suspect dans l'empoisonnement de Navalny.

Une enquête européenne accablante

Samedi, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède ont publié un communiqué conjoint. Ils affirment que des analyses en laboratoire ont détecté une toxine mortelle, l'épibatidine, dans des prélèvements du corps de Navalny. Cette substance, présente dans la peau de grenouilles-dards d'Équateur, confirme selon eux un empoisonnement prémédité. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a soutenu ces conclusions, déclarant n'avoir « aucune raison de les remettre en cause ».

La famille de Navalny exige justice

Lundi, Lioudmila Navalnaïa, la mère de l'opposant, s'est recueillie sur sa tombe au cimetière Borissovskoïe à Moscou. Elle a réclamé justice pour son fils, affirmant : « Cela confirme ce que nous savions depuis le début. Notre fils a été assassiné, pas simplement mort en prison. » Elle a ajouté que, bien que la substance utilisée soit désormais connue, il faudra du temps pour identifier les responsables. Samedi, Ioulia Navalnaïa, la veuve, avait déjà déclaré que « l'assassinat de son mari était prouvé par la science ».

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Silence et déni des autorités russes

Alexeï Navalny est mort le 16 février 2024, à 47 ans, dans des circonstances mystérieuses alors qu'il purgeait une peine de 19 ans de prison. Il avait survécu à une première tentative d'empoisonnement en 2020. Depuis sa mort, les autorités russes n'ont fourni aucune explication complète, se contentant d'évoquer un décès soudain après une promenade en colonie pénitentiaire. Après le refus initial de remettre son corps à sa famille, Moscou continue de nier toute implication.

L'ambassade de Russie à Londres a qualifié l'enquête européenne de « mise en scène politique », dénonçant un manque de preuves. Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, a accusé l'Occident de détourner l'attention de ses propres problèmes.

Hommages internationaux et condamnations

Emmanuel Macron a rendu hommage à Navalny sur X, dans un message en français, anglais et russe, affirmant que sa mort « disait tout de la faiblesse du Kremlin » et était préméditée. Jean-Noel Barrot, chef de la diplomatie française, a ajouté que Vladimir Poutine était prêt à utiliser « l'arme bactériologique contre son propre peuple » pour se maintenir au pouvoir. Ces déclarations soulignent la tension persistante entre la Russie et les pays occidentaux sur cette affaire.

Malgré les risques, des dizaines de personnes se sont recueillies sur la tombe de Navalny, témoignant de l'impact durable de son combat. L'enquête européenne, bien que rejetée par le Kremlin, apporte de nouveaux éléments qui pourraient influencer les relations internationales et la quête de justice pour les proches de l'opposant.

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